AMOUR ET TURBULENCES : NICOLAS BEDOS, FICTION OU REALITE ?

Nicolas Bedos, l’homme contre lequel il est d’usage de vociférer tente jouer l’acteur dans le film Amour et turbulences d’Alexandre Castagnetti, en salle depuis 48 heures. Sa partenaire est Ludivine Sagnier absente des écrans depuis Les biens-aimés en 2011. L’actrice s’évertue à ne pas disparaître sous la force cannibalesque de son chéri fictionnel. Jusque là, rien de neuf : une com/rom classique avec une fille et un garçon qui s’aiment et se disputent. Qui se re-aiment et qui se re-disputent. Ah si ! Cette fois, c’est dans un avion de retour de New-York, (plus sexy que de revenir du Bangladesh, évidemment… !)

Ce retour provoque une rencontre imprévue entre deux anciens amants qui n’ont que quelques heures pour se pardonner leurs méfaits et se RE-RE-aimer pour de bon.

Le désormais célèbre fils de… cosigne le scénario adapté du long métrage made in Ingland  « Stand by love » de Simon Wells (2006). C’est une commande que Bedos a réécrit sous la condition d’en être le principal protagoniste. Et écrire, il sait le faire. Même si commettre un film renferme quelques contraintes très éloignées du roman ou de la chronique. La plume de ce trublion est acérée, vive et emplie d’un cynisme presque séduisant… un talentueux équilibriste des mots. Jouer la comédie, il apprend… Ses maigres apparitions dans Populaire ou dans L’amour dure trois ans réalisé par son Beigbeder d’ami, montrent que déjà, il avait quelques velléités à vouloir incarner des personnages. Un personnage trop proche de lui pour ce qui est de son dernier opus. Dommage. Mais, c’est volontaire : Antoine devait sortir de lui, explique-il : « J’ai mis des bouts de vie partout. Je fais une sorte d’acte autofiction ».

Nicolas Bedos fascine et agace. Cette prestation est amenée comme pour répondre à ceux et celles convaincus que cet enfant gâté cathodique n’est qu’un « sombre connard«  : « Depuis des années,  je n’avais montré que le cynisme. J’avais envie aussi d’utiliser cet espèce de connard de la télé et de le mettre dans une situation plus humaine, plus amoureuse qui finalement rejoint plus ce qu’est ma vie au quotidien« .(sources : tf1.fr)

Montrer, démontrer, prouver sans cesse que sa légitimité est sans équivoque. En tuant le père ou pas… Peu importe ! On regrette juste que ce jeune auteur ne prenne pas plus son temps pour choisir des rôles qui magnifieraient l’étendue de ses talents. Un touche à tout pressé qui court pour exister médiatiquement mais surtout artistiquement.

Ce long métrage Amour et turbulences ne marquera pas par son originalité le cinéma français mais il a, toutefois, la pertinence de révéler Jonathan Cohen, un acteur trop peu utilisé. Il réussit à jouer l’éternel copain/confident/looser présent dans toute les comédies de ce type, en se sauvant des clichés par un jeu  minimaliste et enjoué.

Après le rafraichissant 20 ans d’écart de David Moreau (un autre fils de…), on ne peut pas dire que la comédie française soit en panne. Bien au contraire, puisque dans un genre connexe, sort le 17 avril 2013, Les gamins d’Anthony Marciano avec Alain Chabat et Max Boublil.

YJ

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