ARIANE BRODIER : DE LA TELE AUX PLANCHES

Ariane Brodier est comédienne et humoriste. Découverte à la télévision, elle ne craint pas aujourd’hui de réaliser ce qui la satisfait pleinement. Et c’est avec une dose non négligeable de courage qu’elle écrit son premier spectacle produit par Michael Mettoudi. Attention : rencontre inattendue.

Qu’est ce qui vos a donné envie de monter sur les planches ?

Je fais du théâtre depuis petite. C’est un envie qui vient de loin. J’ai écrit un premier spectacle sur les a priori, après avoir joué dans quelques pièces en amateur. En fait, j’ai toujours aimé écrire. Je voulais être écrivain après mes études de lettre et Hypocagne. Créer mes propres émissions, sketchs ou pièces est un véritable objectif, presque ma seule volonté. Puis, ma rencontre avec mon producteur, Michael Mettoudi, a définitivement fini de me décider à monter sur scène. Mais, il y aussi Julien Courbet qui a su me motiver. J’ai travaillé avec lui sur France 2 pour « Service Maximum » et il a vite compris ce qui me plaisait. En me disant « ta place est sur scène, tu y prends beaucoup de plaisir« , Julien a vu juste. Alors, à 30 ans, sans enfants sans mari, je pouvais enfin réaliser un de mes rêves. Alors, je l’ai fait.

C’était compatible avec la télé ?

Au début, je pensais que oui, mais non. La scène c’est une abnégation absolue. J’ai dû m’y consacrer et tester mes sketchs en  15 ou 20 minutes en provinces. Je ne pouvais pas faire les deux. En plus, la scène est complétement addictive. Entendre le public rire à des blagues que tu écris dans ta chambre, c’est indescriptible et, allez j’ose dire le mot : orgasmique.

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En tout cas, le thème de la mythologie grecque est pour le moins inattendue… Vous êtes fan d’histoire ou est-ce pour casser une image TV trop imprégnée ?

Tout part de mon prénom. Dans « Ariane » il y a des références importantes et ça ma rendu dingue de mythologie. J’ai cherché à savoir l’origine de mon prénom. J’ai lu Belle du seigneur et me suis intéressée à toutes les Ariane de l’histoire et c’est pas joli joli. Celle de la mythologie aide Thésée à sortir du labyrinthe du Minotaure avec ce fameux fil, mais sa fin est triste puisqu’elle meurt de chagrin et, horrifiée, je me suis dit « mais pourquoi mes parents m’ont donné ce prénom ? Ils veulent absolument que j’ai une vie sentimentale de loose ? »(rire). Mais, il y a aussi le fait que les expressions mythologiques sont très utilisées comme « complexe d’Œdipe » ou » narcissique » sans savoir vraiment ce qu’elles recouvrent. J’ai fouillé et ça m’a plu de faire  partager ma vision à ma façon.

Donc la création de personnages vous parle plus que le stand up ?

Tout à fait. Je crois ne pas avoir la légitimité d’Arthur ou Julien Courbet pour faire un spectacle sur la télé et je n’avais pas envie de parlé de moi sous la forme d’un stand up. La mécanique est de rire toutes les 3 phrases et ça me bride. Je ne me sens pas à l’aise dans ce format. Je préfère la comédie. Mes influences vont du côté de Ben Stiller ou Jim Carrey, ces mecs qui n’ont pas peur du déguisement.

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A propos de déguisement, quand on vous voit sur scène, il est évident que vous ne misez pas sur votre physique. L’impression même que vous tenez à le gommer pour que l’on y voit autre chose…

Dans la vie, je suis beaucoup plus jeans/Stan Smith que talons. C’est aussi pour ça que je me sens moins à l’aise sur un plateau télé en représentation. Je fais de la boxe à haut niveau depuis longtemps, je suis sportive et mes tenues sont décontractées à tel point que pour l’anecdote, un jour Julien Courbet me donne rdv à TF1 et m’a bien précisé de m’habiller tellement il connait mon gout pour les joggings. La création de personnage permet de me lâcher et de laisser de côté la tenue formatée de la télé.

Justement, quel est votre regard sur la télévision ? L’animation ne semble plus vous tenter.

L’animation, je pense que je n’en ferai plus. Je suis lucide sur ce que je sais faire et ce que je ne sais pas faire. Et je ne me sens pas performante sur un plateau lorsqu’il s’agit de lancer des sujets. Ça ôte mon naturelle. Je suis plus efficace en impro, en direct, en comédie, en répartie. Je salue mon amie Karine Ferri qui le fait merveilleusement bien. Elle reste fraîche et pétillante à l’antenne alors que moi, je me sens coincée dans cet exercice. Cela dit, je ne cracherai jamais sur ces années télé, j’avais 23 ans quand j’ai commencé… un job d’été pour ainsi dire. Je viens de la campagne, ma mère est agricultrice. Ce milieu m’était inconnu et j’ai pris tout ce que je pouvais prendre en souriant sans trop me poser de question mais la maturité vous rattrape et vous voyez les choses autrement. Maintenant, je veux avoir la possibilité de choisir.

Après le théâtre, le cinéma vous intéresse ?

Oui. J’en ai déjà fait avec Xavier Giannoli « Super Star« . Etre sur scène me permet de faire venir des producteurs ciné alors, on verra… Mais écrire pour le cinéma m’irait aussi très bien, je ne suis pas addict à la lumière, ce qui m’intéresse c’est de créer. L’écriture est vraiment une passion forte, qu’elle prenne les accents de pièces ou de films.

Ariane Brodier « Ariane fait sa mytho » est à la Comédie des Boulevards tous les jeudis à 21h30.

Yasmina Jaafar

Photo : François Berthier

 

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