BENEDICTE LESAGE INNOVE AVEC LA SERIE « DOS AU MUR ». L’HISTOIRE D’UNE FLIC « ACCOUCHEUSE » DE PREVENUS.

Bénédicte Lesage a développé la série « Dos au mur » diffusée demain en prime sur Chérie 25. Le groupe NRJTV a fait appel à la productrice de la « Journée de la jupe » avec Isabelle Adjani, pour tenter l’innovation. Avec Mascaret Films, Bénédicte Lesage et Ariel Askenazi tentent de rechercher, proposer des nouvelles écritures et favoriser des rencontres entre les talents et les projets. Le duo défend des convictions.

Rencontre :

Est-ce une fierté de créer la première série originale de la TNT, « Dos au mur » ?

C’est surtout une fierté collective. Cette série a pu exister grâce à un vrai esprit de « troupe ». Et, j’aime les défis, défricher des nouveaux territoires de création. Les pouvoirs publics ont favorisé l’émergence de nouveaux diffuseurs depuis des années. La création originale y est malheureusement quasi-inexistante.  Donc, oui, cela m’a paru important de montrer que l’on pouvait proposer de la fiction de prime-time, à des coûts plus bas que celles produites pour les chaines historiques, mais plus de liberté créative, par la possibilité de faire émerger de nouveaux talents, de tenter dans l’écriture, la réalisation des propositions différentes. C’est notre responsabilité de producteurs, de nous remettre en question constamment dans nos projets pour ouvrir de nouveaux champs fictionnels.

Comment est né ce projet ?

Les scénaristes Charlotte Paillieux et Cécile Gérardin m’ont proposé un concept de série autour de la garde à vue, dans un lieu unique, avec une héroïne « accoucheuse » de prévenus. J’ai tout de suite senti la pertinence et la cohérence d’un tel projet pour ouvrir le dialogue avec les chaines de la TNT.
A l’époque, nous avions crée un partenariat stratégique avec Gilbert Hus ( Project Image Films), pour développer de nouveaux projets de série alliant son expérience sur les séries jeunesses et internationales, et notre compétence sur les séries de prime-time.  » Dos au mur » était le projet parfait pour mettre en place cette collaboration, ce que nous avons fait. Et nous avons eu la grande chance de recevoir un très bon accueil de Gérald-Brice Viret, à l’époque directeur de NRJ 12. Très vite le scénariste Hassan Mébarki a rejoint l’équipe d’écriture pour aboutir le développement du concept, et la co-écriture des 4 premiers épisodes. Aurélien Poitrimoult, en tant que premier réalisateur a également participé étroitement à la mise en place artistique de la série. La création par NRJ TV de la chaine Chérie 25, avec à sa tête Christine Lenz, enthousiaste et énergique, a été la dernière pierre fondamentale qui a permis à cette série d’exister.
 

Dos au mur

Favorisez-vous les méthodes « USA » avec un pool de scénaristes ? 

En fait, sur les 10 premiers épisodes, nous avons honnêtement un peu tatonné sur le processus d’écriture surtout que deux des auteurs de départ étaient pris sur d’autres séries (Charlotte pour France 2 et Hassan pour Canal).
Par contre, nous avons trouvé pour les 10 suivants, un processus d’écriture et l’association de talents confirmés et d’autres émergents qui a extrêmement bien fonctionné avec un auteur référend coordinateur et responsable de la ligne feuilletonnante et du lissage, Alain Patetta. Avec des allers-retours réguliers avec les comédiens principaux et les réalisateurs pour les contraintes de fabrication. Tout cela dans un délai extrêmement court, car nous avons écrit et produit les 10 derniers épisodes en 6 mois! 

Comment allie-t-on budget TNT et qualité ? 

Cela n’est possible qu’avec l’engagement et la générosité de tous, scénaristes, réalisateurs, comédiens, techniciens qui avaient tous envie de donner le maximum. Il faut aussi énormément de force de travail, de passion pour la création et un bon grain de folie !  
Photo Bénédicte Lesage

Le film « Garde à vue » vous a-t-il inspiré ? 

J’adore ce film, mais on ne jouait vraiment pas dans la bonne catégorie. Je n’ai pas voulu le revoir à l’époque pour ne pas être  » écrasée » par ce chef d’œuvre… 

Les acteurs ont-ils pu assister à de vraies gardes à vue ? Ou interrogatoires ? 

Anne Caillon a passé plusieurs nuits avec une équipe de la BAC en région parisienne, grâce à Hassan. Elle en est revenue très impressionnée et plus forte pour son rôle. Elle a d’ailleurs été exceptionnelle sur tout le tournage, apportant son grand talent, une force de travail incroyable, et emmenant les comédiens avec énergie et beaucoup d’humour et de générosité. 

Y aura-t-il une saison 2 ? 

Demander à Vincent Broussart … chez NRJ TV. 

Vos autres projets ? 

Nous terminons une série de 3X52 mn de Philippe Haïm pour ARTE en Noir et Blanc, et nous sommes en développement avancé d’une série d’aventures de 8 X 52 mn pour Canal à tourner en Guyane. Deux beaux défis artistiques et de production également.
Yasmina Jaafar

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