ANTOINE BUENO JOUE L’ESPOIR ET LICENCIE LA MOROSITE

Antoine Bueno aime l’absurde, les pamphlets, la politique et dénoncer ce qui le gêne dans une société de plus en plus crispée. Le costume trois pièces ajusté, le verbe ciselé, l’écrivain et humoriste est sur scène avec « Antoine Bueno, l’Espoir » au théâtre de la Petite Loge.

Rencontre :

Votre spectacle « Antoine Bueno, l’Espoir » traite essentiellement de politique. Quel est votre rapport avec cette discipline ?

La politique est un aspect important de mon spectacle, mais pas son thème central. Mon propos est de dresser un joyeux bilan des décombres du monde actuel : décombres spirituels (j’aborde le désenchantement spirituel et religieux), décombres politiques effectivement (avec l’effondrement du communisme et la difficulté de s’engager aujourd’hui sans cynisme), décombres de l’individualisme (avec les désillusions économiques de l’après 30 glorieuses), pour terminer sur l’avenir, peut-être l’espoir en un renouveau transhumaniste…

Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce spectacle ?

Tout simplement, un double besoin : celui de dire quelque chose et… de faire rire !

Affiche-Bueno-Petite-Loge-200x300

Le ton donné est cynique. Votre ambition est-elle de réveiller les électeurs ?

Le ton donné est cynique. Mais aussi ironique, paranoïaque, messianique, professoral. J’essaye de jouer sur ces variations. Mais sans aucune ambition politique concrète. Il s’agit plus de prendre du recul sur l’époque actuel. Si j’avais voulu conduire à une prise de conscience et une action politique, je crois que je n’aurais centré mon propos que sur la question environnementale, qui me semble la plus fondamentale actuellement.

Peu d’humoristes s’engagent dans cette voie. Ne craignez-vous pas d’être mal compris ?

Beaucoup d’humoristes parlent de politique. Mais de politique politicienne, de politique d’actualité. Ce sont des néo-chansonniers. Tel n’est absolument pas mon propos. En voulant aborder les choses de manière, je l’espère, plus distancé et fondamentale, finalement plus existentialiste, je me sens effectivement un peu seul. Et donc oui, compte-tenu de l’époque actuelle, il y a un risque d’incompréhension. Mais je crois que la réaction dominante du public est tout inverse. Ils sont en attente et frustrés de fond. Ils accueillent donc (pour l’instant et pourvu que ça dure) mon spectacle avec enthousiasme!

Quel est votre pronostic pour les régionales et 2017 ?

Je me fous totalement des régionales et de 2017.

Alors, écrivez-vous un autre livre ou spectacle ?

Pour écrire ce spectacle, j’ai accumulé beaucoup de matériau pour pouvoir en écrire d’autres. Mais, pour l’heure, je me concentre surtout à faire vivre, croître et embellir celui-ci.
Quant aux livres, oui, je travaille à un pamphlet, mais il m’est pour l’heure interdit d’en dire davantage…
Yasmina Jaafar

Laissez un commentaire