DAVID FOENKINOS : « LE MYSTERE HENRI PICK » ET LE MONDE DE L’EDITION PERCES

David Foenkinos est de retour et signe un premier polar « Le mystère Henri Pick » chez Gallimard. Une enquête ciselée, loin de la peinture de « Charlotte ». Celui-ci nous mène au centre du monde parfois âpre de l’édition.  

Rencontre avec un auteur succesfull :

« Le mystère Henri Pick » est un polar. Vos débuts dans ce genre. Comment vous sentez-vous après cette première expérience ?

Oui c’est vrai, c’est mon premier roman qui repose sur une intrigue, avec ne enquête. Je suis heureux que les lecteurs soient surpris à la fin, par la résolution. J’ai trouvé cela réjouissant de manipuler ainsi le lecteur. Après Charlotte, je voulais écrire un livre plus léger, une comédie.

La bibliothèque des livres refusés est une idée en or. Comment vous est-elle venue ?

En lisant le livre « L’avortement » de Brautigan. Je découvre cette idée que je trouve si poétique. Et j’apprends en plus qu’un fan l’a créé aux USA. J’ai inventé alors la version bretonne car je voulais que cela se passe au bout de la France. Un endroit sauvage et magique où l’on viendrait déposer son manuscrit.

Vous a-t-on refusé des livres ?

david foenkinos

Mon premier roman a été refusé partout sauf par Gallimard. J’avais cru à une blague, car j’avais reçu un appel du comité, quatre mois après les refus.

Ne pas être publié ne signifie pas : « écrivain raté » ?

Pas du tout. Au contraire, mon roman met en avant la nécessité de l’expression de soi, à travers les mots notamment, sans chercher la lumière. Cela doit être une nécessité intime avant tout. La bibliothèque que j’évoque est comme cette idée de laisser un livre sur un banc. C’est très beau.

Vous citez des personnalités du monde littéraire et médiatique comme F.Busnel, P.Nora ou R.Enthoven… Est-ce pour plus de réalisme quant à votre souhait de d’écrire l’univers de l’édition ?

couv pick DF

Oui, tout à fait. C’est vraiment pour le réalisme. Ce n’est pas du tout un roman à clé. Mais je parle autant de l’édition, que des libraires, bibliothécaires, représentants. Je mets en avant tous les amoureux des mots.

Votre livre parle de la fabrique d’un succès. A l’heure où la mutation fait rage dans audiovisuel, la musique et le net. Pourquoi selon vous le livre numérique ne remporte pas tous les suffrages ? On peut même parler d’échec.

Cela ne marche pas en France. Mais c’est presque 30 % des ventes aux USA. Il y a un amour sensuel de l’objet, du livre réel. Il me semble aussi que le livre a été sauvé par la loi sur le prix unique.

P17, il y a cette phrase « des livres qui vous correspondent ». Quels sont les vôtres ?

Les auteurs qui me sont chers : Dostoievski, Kundera, Houellebecq. Et peut-être Roth, plus que tout. « Un homme » serait ce livre.
Yasmina Jaafar

 

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