OLIVIER BARDOLLE : « L’AGE D’OR EST UN MYTHE ! »

Olivier Bardolle répond par la négative et avec aisance à la fameuse question : était-ce mieux avant ? « De la joie de vivre par temps hostiles » est un plaidoyer contre toutes les formes d’idées reçues sur notre époque. Une époque qu’il est nécessaire, parfois, de féliciter. Pourquoi ? Nous avons demandé à l’auteur. 

Rencontre :

« De la joie de vivre par temps hostiles » est un état des lieux attestant qu’il ne sert à rien d’être nostalgique. Nous sommes loin de votre ouvrage « Petit traité des vertus réactionnaires ». Qu’est-ce qui vous a motivé en ce sens ?

Être réactionnaire ne signifie pas être cramponné au passé ! Dans « réactionnaire » il y a « réaction », l’idée d’un acte, d’une force en œuvre… Ma motivation ? À force d’entendre des propos bêtifiants sur l’âge d’or des Trente Glorieuses, et d’observer les visages défaits de la jeunesse, je me suis dit qu’un petit euphorisant s’imposait.

Pensez-vous que nous soyons plus pessimistes depuis l’ère Sarkozy et la somme des interdits ?

Non. Les temps, je le répète, ont toujours été hostiles, et le pessimisme accompagne logiquement cette hostilité, c’est une attitude saine, à condition qu’elle soit contrebalancée par l’enthousiasme et l’envie d’agir de certains, même peu nombreux. Nous avons cependant peut-être plus de mal avec la crise, les attentats, le chômage etc. à admettre ce qui va bien aujourd’hui.

Page 35, vous faites tomber un cliché selon lequel les années de libération sexuelle ne seraient qu’un malentendu. « Une libération à l’aveuglette » dites-vous. Pouvez-vous nous expliquer ?

olivier bardolle

La libération sexuelle a fait des ravages. MST ou peines de cœur, je veux surtout lutter contre une autre idée préconçue, selon laquelle au lit aussi, tout était mieux avant.

La pochette montre une terrasse de café parisienne. En 70 ou 80, les attentats assombrissaient la capitale. Il n’y a donc pas d’âge d’or ?

L’âge d’or est un mythe. Cela entraîne deux choses : 1) Il n’existe pas. 2) Mais on peut continuer à le chercher, à l’espérer. Et pour ce faire : agir. Agir pour le futur. Le dernier chapitre de mon livre s’y emploie, en donnant des idées d’innovations à la fois simples et audacieuses pour façonner l’avenir autrement.

Payons-nous le prix de la politique de colonisation de Ferry ?

Non, nous payons surtout le prix de notre propre inconséquence, de notre léthargie. Sur le plan écologique en particulier.

Êtes-vous plus Baudelaire ou Céline ?

COUV JOIE DE VIVRE ob

Céline est un maître, mais comment résister à l’ivresse de Baudelaire…

Qu’est-ce que la joie de vivre ? Et que conseillez-vous pour y parvenir ?

Pour revenir à votre précédente question, je parlerai à travers Baudelaire… :

« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve ».

Allez, vous reprendrez bien une petite bière ? En terrasse, entre amis, des rêves et des projets plein la tête : c’est cela, la joie de vivre.

Yasmina Jaafar

 

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