PASCAL BONITZER NOUS TROUBLE AVEC « TOUT DE SUITE, MAINTENANT » ! LE film coup de cœur laruchemedia.com

Pascal Bonitzer vient de faire mouche avec son dernier long métrage très écrit « Tout de suite, maintenant ». Le pitch ? Une ambitieuse découvre le passé de son père… mais il s’agit surtout d’un film poétique sur les relations humaines, le mystère, le souvenir, le mépris et l’honneur perdu. Le film est en salle et notre coup de cœur est tel que nous profitons de quelques autres mercredis futurs pour vous conseiller de le voir.

Rencontre avec le réalisateur :

Votre filmographie porte le plus souvent des personnages qui vous ressemblent. Ici, dans « Maintenant, tout de suite », Nora est assez loin de vous. Pourquoi ?

En effet, elle ne me ressemble pas trop (rires). Mais en même temps un peu… Je choisis pour une fois comme personnage principal, une jeune femme et non un vieux bougon. Cela dit, elle en est entourée puisque son papa joué par Jean-Pierre Bacri ou encore le personnage de Lambert Wilson ne sont pas de la première jeunesse. Ce sont des personnes qui ont un passé. Un passé qui les confronte et qui vient sonner à leur porte par le biais de Nora.

En effet, ce film parle du souvenir, du passé et de la résilience confrontés à la jeunesse dans un décor capitaliste. J’y vois une trame positive…

Alors, tant mieux si vous l’avez vu comme ça. On peut espérer que les jeunes ne vont pas faire les conneries de leurs aînés… en tout cas, au niveau sentimental et qu’à la fin, on a le sentiment que Xavier et Nora se retrouvent. Pensons que l’amour l’emporte sur le financier.

A-t-il été aisé de regrouper un tel casting ?

Pascal-Bonitzer

Oui, ça été relativement simple. Les acteurs aiment les dialogues ficelés et j’ai la faiblesse de croire que les dialogues sont pas mal.  C’est l’une des chances que j’ai et ça me permet d’avoir des comédiens de grandes classe voire de très grands comédiens. (NDLR : Jean-Pierre Bacri, Isabelle Huppert, Lambert Wilson, Pascal Grégory, Vincent Lacoste et Agathe Bonitzer)

Martin Scorsese ou encore Christophe Barratier ont fait des films sur le monde financier. Comment avez-vous su nous parler d’argent avec poésie ?

En effet, ces derniers temps, il y en a eu plusieurs. En fait, mon sujet n’est pas à proprement dit la finance. Il s’agit d’une histoire ou fable qui se déroule dans ce cadre mais j’ai voulu parler d’amour. Le contraste entre le milieu froid, dur et aseptisé de l’argent et les rapports humains, la passion et les sentiments.

Avez-vous mis beaucoup de temps pour écrire le film ?

Oui, j’ai mis un peu de temps. Il m’a fallu 2 ans pour le scénario. Je ne trouve pas tout de suite mes histoires, je tâtonne avant de décider du milieu. Je savais juste que je ne voulais pas que ce film-là se passe dans un milieu littéraire. La finance et les mathématiques sont aux antipodes de mes habitudes.

Comment expliquez-vous cette rupture avec vos habitudes, justement ?

aff tout de suite maintenant

Un ras le bol (rires!)… Une envie d’autre chose.

Vous êtes scénariste et vous avez officié à la FEMIS. Quel regard portez-vous sur les nouvelles écritures et sur les codes des séries TV ?

C’est un genre effectivement qui a explosé à cause de la qualité des séries américaines. Il y a un savoir faire qui s’est révélé extrêmement success full et également addictif. Ce mélange explique cet engouement. S’ajoute à cela l’écriture avec celui qui a la haute main sur la globalité du projet qui est le showrunner. Ca n’est plus le metteur en scène.

Les codes de la création fiction ont donc changé et les métiers aussi…

Oui, les metteurs en scène sont aujourd’hui des techniciens relativement interchangeables. On le voit au générique des toutes les grandes séries.

Et parce que le statut du scénario a complément changé, votre film pourrait se décliner en série ?

Oui, d’ailleurs, j’ai lu dans une critique que ce film était le condensé d’une série et que nous aurions pu suivre tous les personnages sur plusieurs années et suivre leur destin donc oui, il y a quelque chose dans le scénario qui est influencé par le phénomène des séries.

Alors, allez-vous nous préparer une suite ?

Ah ça je ne sais pas… Il faudrait déjà que le film fasse plus d’un million d’entrées (rires). Les nouvelles aventure de Nora !

agathe bonitzer

Tourner avec Agathe Bonitzer, votre fille, a-t-il été une manière de changer les idées réçues des uns et des autres ?

Bien, finalement les uns et les autres ont dit que j’avais eu raison. Puis je savais que Agathe n’est pas seulement ma fille mais elle est aussi une comédienne professionnelle qui a fait beaucoup de films dans sa carrière y compris des premiers rôles.

Yasmina Jaafar

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