NICOLAS BEDOS INSCRIT DÉFINITIVEMENT SON PRÉNOM GRÂCE A « MONSIEUR ET MADAME ADELMAN »

Nicolas Bedos est à l’affiche de « Monsieur et Madame Adelman« . Mais pas que… L’artiste signe la réalisation de son premier film. Et quel film ! Les critiques et le public sont au rendez-vous.

Une fresque amoureuse sur 45 ans. Une terrible envie de le voir une seconde fois en prenant des notes sur la vie. Une œuvre qui octroie définitivement un Prénom à Nicolas.

Rencontre : 

Comment vous sentez-vous ? 

À la fois comblé par l’accueil merveilleux que la presse et le public réservent à notre film… et un peu hébété ! C’est l’éternel sentiment de vertige et de vide qui nous submerge quand on s’est focalisé 2 ans et demi sur un projet, de la toute première phrase à la dernière interview, et qu’on n’a soudain plus rien à faire du tout ! ​Dès le jour de la sortie, on n’en revient pas de n’avoir plus une seule note de musique à rajouter, une seule image à modifier, c’est fini, on est seul.

Victor est-il en vous depuis longtemps ?

​Victor est constitué avec des bouts de moi et des notes prises sur mes proches, donc oui, globalement il est près de moi depuis longtemps.

La littérature est une actrice de votre vie. Vos lectures vous ont-elles permis de vivre 45 ans d’histoires d’amour ?

​Dire que l’on vit les romans que l’on lit serait sans doute présomptueux, mais je pense en effet que la littérature est, de fait, la meilleure façon d’entrevoir ce qui ne nous concerne pas ou pas encore. ​Zweig nous permet de nous balader dans l’esprit d’une femme mûre, Hugo dans celle d’un forçat du 19ème siècle, Houellebecq dans celle d’un dépressif relativement pervers… Une bonne bibliothèque, c’est le plus grand aéroport du monde.

Le film « Monsieur et Madame Adelman » aurait-il pu être d’abord un roman ?

​Le « Roman » est ​un terme désormais si large que, oui, toute histoire peut devenir un roman. Mais, en l’occurrence, il n’en a jamais été question. Ce film a été pensé en terme de mise en scène, d’enchainement d’images, de musiques, de jeux. Si je puis dire, il a été écrit « à voix haute ». C’est plus tard que j’ai repris le texte de façon littéraire. En revanche, ce film peut être vu comme un hommage à la création, romanesque et théâtrale. Il tend à montrer ce que la littérature a de ludique, magique, joyeux, loin de la vision « intello » qu’on en donne trop souvent.

Comment avez-vous fait vos choix musicaux ? Ils semblent être les témoins de votre enfance ?

​Le choix des morceaux répond à trois critère​s : ce qu’ils disent de l’époque, notre sentiment personnel et puis la façon dont ils s’accordent au rythme des images. On s’est séparé de plusieurs chansons qu’on avait prévues, qu’on adorait et qui correspondaient parfaitement à l’époque et au propos, mais elles donnaient un rythme, une couleur, aux images, qui ne convenait pas.

Quel est votre grand film d’amour référence ?

​Vaste question. Trop vaste. On aime trop de films. Trop de séquences. ​Pourquoi toujours choisir ?

Est-ce aussi un film à l’endroit des femmes ? Celles qui œuvrent dans l’ombre, relisent, corrigent comme une Simone de Beauvoir a pu le faire ?

​Oui. Je me suis beaucoup intéressé à Zelda Fitzgerald, à Louise de Vilmorin. Aux femmes d’Hemingway. Je suis le fils d’une femme qui a beaucoup œuvré pour la carrière de son mari. ​Et, personnellement, sans les femmes qui m’ont accompagné, je n’aurais rien écrit.

La télévision n’était-elle qu’une voie pour en arriver là ?

​Au début, oui, clairement. J’ai toujours voulu faire des pièces et des films. Or il me semblait nécessaire d’arracher un peu de notoriété pour me faire un prénom et, de là, gagner la possibilité de monter de grands projets. Mais j’ai fini par prendre vraiment goût à l’exercice télévisuel. C’est aussi de l’écriture et un peu de mise en scène. On se maquille, on compose un peu son personnage, on joue. ​

Question qu’on a dû vous poser mille fois…. mais je me lance… avez-vous déjà l’amorce de votre prochain film ? 

​Oui. Mais ça peut changer dix fois d’ici cet été! Je tente plein de brouillons, plusieurs pistes, avant de choisir un projet. ​La seule chose que je sais, c’est que ce sera à nouveau dans le registre romanesque. C’est ce genre-là que je suis le plus heureux de servir. Rêver beaucoup, et réfléchir un peu.

Yasmina Jaafar

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