MANUEL VALLS : VAINQUEUR MAIS HUMILIE ? QUE SE CACHE-T-IL DERRIÈRE CE MOT ? DÉCRYPTAGE

Manuel Valls, 54 ans, est tout de même parvenu à être réélu dans son ancien fief Evry/Essonne. Une réélection contestée par M. Amrani de France Insoumise (FI). Mais revenons sur le terme « HUMILIATION » utilisé par les médias lors de l’annonce de sa candidature :

« Valls humilié mais épargné » ; « Valls, humilié jusqu’au bout par le camp Macron » ; « Humiliation, Valls ne remplit pas les conditions » titraient tous nos quotidiens cette semaine. Mais qu’est-ce que l’humiliation ? L’ancien Premier Ministre a-t-il été réellement humilié ?

Manuel Valls a été refusé par le clan En Marche!

Humilier c’est avant tout déshumaniser et déconsidérer l’Autre. Le revers est humiliant, la non-réussite est terrible. Notre époque impose l’excellence. Michel Zink, professeur au Collège de France, indiqudans e « L’Humiliation, le Moyen Age et nous» que dans des temps anciens, l’humiliation confinait à l’humilité. Un chemin christique radical qui enveloppe l’humain dans un linceul protecteur. Certains faisaient le choix de l’humiliation pour être reçus par Dieu. L’humiliation comme humilité chrétienne. La société opte pour la gagne et la hiérarchie. C’était donc une vertu que d’être plus bas que terre.

Force est de constater que cette époque est révolue.

En 2017, dans un monde individuel et narcissique, l’humiliation est le sentiment suprême. Hashtag, Facebook, Instagram et autres fascinations et célébrations du soi traduisent ce mot autrement de ce qu’il est au réel. Nos sensibilités exacerbées nous obligent à en vouloir à vie à notre bourreau.

L’humiliation, la vraie, nie l’être en face de nous. La défense est impossible.

Plus particulièrement, la petite humiliation est plus dangereuse que la grande. Ne pas être accepté, comme à une certaine époque où l’on trouvait des pancartes affichant « interdit aux chiens et aux italiens », ou encore, DSK marchant menotté vers son destin… Elle suppose un acte public. Une flagellation sous le regard de tous.

Ce qui m’a frappée, ce sont les réactions diverses de personnes attristées du sort de Manuel Valls qui voulait être investi aux législatives sous l’étiquette REM. Un désir formulé à haute voix sur une antenne nationale, et ce, en pleine semaine solennelle. Une semaine qui commence par une Victoire et qui se termine par une passation de pouvoirs. Mais seulement voilà, certains ont pris pour eux l’humiliation de l’Autre. Une empathie vivace qui étreint même ceux qui ne l’aimaient pas. Messire Valls qui n’a réussi à être aimé ni du peuple, ni de son camp, reçoit, grâce au chef de l’État, une sorte de considération, presque d’affection. « Le pauvre » entends-je. Une hallucination, un renversement, un effet boomerang.

Quelques jours avant, Emmanuel Macron a choisi de déshumaniser Marine Le Pen en la qualifiant de « Parasite » lors du débat de second tour de la présidentielle 2017. La défense de l’autre est impossible. C’est une sanction définitive et mortelle. Aucun débordement d’émotions ne saurait être toléré dans ce cadre figé et strict qu’impose le débat face à face. Cette arène publique permet une mise à mort en bonne et due forme. L’humiliation, la sournoise, la petite, celle qui ne se voit pas est plus tranchante. Une moquerie perfide et déchirante.

En conclusion, qu’est-il arrivé à Valls ? Mon sentiment est qu’il a été mis au ban par ses pairs. Humilié, il se retrouve, sans caution, seul à briguer Evry s/Seine. Sa banlieue est son humus, son purgatoire, son dernier territoire. L’auto « dégagisme » de Valls.

En manœuvrant ainsi, Le Président Macron a-t-il voulu l’épargner ou définitivement l’achever par une ultime Humiliation. Je vous laisse juges.

Yasmina Jaafar


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