KARIN VIARD EST JALOUSE. STÉPHANE FOENKINOS NOUS PARLE DE SON FILM CORÉALISÉ AVEC DAVID FOENKINOS

Karin Viard est « Tatie Danielle » du 21ème siècle ! Les frères David et Stéphane Foenkinos lui ont écrit un rôle sur mesure. Un emploi qui fera date ! Dans « Jalouse », en salles le 8 novembre, l’actrice emporte le morceau avec fraîcheur, cynisme et humour. Comment cette collaboration est-elle née ?

Réponse laruchemedia.com

Vous avez coréalisé « La délicatesse » avec votre Frère. Jalouse est votre deuxième réalisation en binôme. Comment Jacques Doillon vous a-t-il persuadé de travailler ensemble ?

Je travaillais depuis quelques années avec lui comme directeur de casting. David (Foenkinos) venait de publier son premier roman. Jacques a toujours eu un côté visionnaire et il nous a simplement proposé de collaborer sur un scénario. Le film ne s’est pas fait, mais ça a contribué à accélérer notre désir de travailler ensemble.

Le film « La délicatesse » était porté par une femme forte et perdue à la fois. « Jalouse » par l’incarnation de l’immense Karin Viard montre aussi les fragilités et pourtant la hargne d’une femme en plein questionnement. Les femmes en déroute… est-ce votre thème de prédilection ?

Nous avions surtout envie, 6 ans après, de proposer à nouveau un portrait de femme. Si elle s’appelle encore Nathalie, elle n’a pas les mêmes enjeux, ni le même passé. Ce qui nous intéressait ici était surtout le moment de bascule lié à un âge spécifique allié à une relation mère/fille rarement traité au cinéma. C’est encore très tabou de jalouser ses enfants!

Quelles sont vos héroïnes préférées en littérature ou en fiction ?

La première reste Jane Eyre de Charlotte Bronté qui a forgé mon idée du romanesque et m’a poussé vers des études de littérature anglophone. Ensuite il y en a tant ! Je citerai dans le désordre Annie Hall, Marion Steiner (Catherine Deneuve dans le Dernier Métro), Celie (la Couleur Pourpre), Ophélie (Hamlet), Annie Wilkes (Misery), Fanny Brice (Funny Girl) et… Tootsie !

Vous avez écrit le film pour Karin Viard. Elle est excellente dans le rôle de la femme agacée voire méchante. Madame Pécheux est-elle une sorte de « Tatie Danielle » du 21ème Siècle ? 

Ahha ! Absolument, l’hommage est assumé, nous l’appelions d’ailleurs entre nous: « Maman Danielle« , à la différence près que nous voulions qu’en dépit de ses excès, Nathalie soit toujours ancrée dans un certain réalisme psychologique.

La série « Quadras » ou encore le long métrage « Le sens de la fête » ont des dialogues acerbes. Ceux de « Jalouse » sont de la même qualité. Forts, directs, sans filtre. Comment avez-vous travaillé les répliques ? Un dialoguiste ?

Non. Nous parlons beaucoup et ensuite nous nous renvoyons les scènes en affinant à chaque fois les dialogues. Nous pensons d’abord en termes de séquence et d’impact. Le synopsis et l’histoire sont toujours plus compliqués à obtenir. J’ai beaucoup travaillé comme scénariste pour la télé et le moment du dialogue est celui de la récréation, c’est la cerise sur le gâteau, surtout quand vous avez quelqu’un comme Karin en tête !

Vous êtes directeur de casting et celui de « Jalouse » est notable. Votre savoir-faire en la matière est-il un atout ?

Sans doute qu’il me permet de connaitre les sensibilités de certains comédiens et d’anticiper certaines combinaisons. Mais ici David et moi sommes à égalité dans le choix. Mon apport est surtout dans le caractère inédit de la distribution. J’aime l’idée de mettre en rapport des comédiens qui n’ont jamais joué ensemble. Dans « Jalouse » hormis Thibault de Montalembert, Karin n’avait jamais travaillé avec Anne Dorval, Anaïs Demoustier ou Bruno Todeschini. Cela apporte une certaine fraîcheur pour nous et j’espère aussi pour le spectateur !

Après avoir travaillé aux États-Unis pour plusieurs grands réalisateurs notamment Woody Allen, quel est votre regard sur notre industrie qui justement semble parfois avoir du mal à s’industrialiser et à s’exporter ?

Je suis surtout intervenu quand des productions étrangères avaient besoin de comédiens français. J’ai pu constater à chaque fois un respect inouï des talents et des propositions. Les américains aussi professionnels et pragmatiques qu’ils soient donneront toujours le bénéfice du doute à un comédien et préfèrent juger « sur pièce ». Si il ou elle correspond au rôle, c’est ce qui compte. C’est alors très agréable car cela permet d’ouvrir le casting à des familles de comédiens très diverses. Je suis fier par exemple de proposer à Woody Allen aussi bien Marion Cotillard et Léa Seydoux que Gad Elmaleh ou Atmen Kélif !

La fiction TV connaît de merveilleux jours avec des audiences avoisinant les 6 millions pour le « Capitaines Marleau » par exemple. Vous êtes aussi scénariste pour les séries. Êtes-vous attiré par la réalisation ?

C’est formidable ce qui se passe pour certaines séries françaises et j’ai été très gâté en travaillant sur Hard ou Fais pas ci, fais pas ça. Je n’ai aucun problème à rester auteur. La réalisation me convient pour l’instant avec mon frère et je n’ai pas du tout de « plan de carrière ». C’est le sujet et les occasions qui me guident avant tout. Si ça se présente pourquoi pas ?

Avez-vous déjà une idée du troisième long, adaptation ou pas ?

Nous avons très envie de recommencer rapidement un nouveau film. Des idées flottent, mais rien de précis si ce n’est peut-être que ce sera cette fois-ci, « une histoire de garçons »…
Yasmina Jaafar
photo : copyright Bertrand Vacarisas

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