CHARLES CONSIGNY DANS ONPC HIER : UNE PREMIÈRE SAGE MAIS PROMETTEUSE

Charles Consigny était hier aux côtés de Christine Angot dans l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché » (ONPC). Après 11 ans à la tête du célèbre talk show, l’animateur des « Grosses Têtes » propose pour une douzième saison d’écouter les avis des ses polémistes sur l’actualité politique mais aussi celle des arts.

Par Yasmina Jaafar

Laurent Ruquier a souvent tenu à mettre en lumière des personnalités peu exposées : Natacha Polony, Vanessa Burgraff ou encore Eric Naulleau ont été imposés par le dénicheur de talents. Des talents souvent décriés et férocement critiqués. C’est simple, il semble y avoir un effet levier qui oblige les aficionados de la twittosphère ambiance « haters » à trouver le nouveau plus « nul » que le précédent. Ainsi, Angot a rendu Yann Moix sympathique, lui qui a été si violemment attaqué à l’ère Léa Salamé… Il se pourrait donc que le jeune Charles Consigny connaisse le même sort et rende à son tour Christine Angot douce et mélodieuse… C’est presque une tradition maintenant que de voir le nouveau arguer par la foule. Et bien… au regard de cette première, cela ne semblerait pas justifié.

En effet, Charles Consigny, 29 ans, juriste « bientôt avocat », éditorialiste au Point donne l’impression d’entamer une deuxième année de présence. A l’aise et sans trac apparent, il dit qui il est : « Les bourgeois sont prévoyants », « Vous voyez, la droite a du bon » ou encore « Moi qui suis un vrai homme de droite »… Il assume, pourrait-on dire, une parole libre et sans ambages. Il plaisante aussi sur les raisons de sa présence sur le plateau : « Je connais bien Laurent Ruquier pour avoir travaillé avec lui. Je l’ai payé pour intégrer cette émission. »

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C’était une première prestation dans les clous. Un baptême sans prise de risque affolante, un rythme connu, un animateur égal à lui-même et un décor inchangé… La production avait pourtant esquissé l’idée d’un nouveau décor mais il n’en est rien. Mêmes apparats , même générique et… mêmes invités. Ce dernier point est à déplorer mais comment se renouveler au bout de tant d’année d’antenne. Entre les invités qui annoncent à qui veut l’entendre dans les médias qu’ils ne mettront plus jamais les pieds sur le plateau suite à un clash ou bien ceux qui ne veulent tout simplement pas entendre parler du concept à leur yeux inepte. François Fillon, Christophe Maé ou Catherine Deneuve et Francis Cabrel dénoncent une mise en scène type arène qui fustige des personnalités obligées de surcroit à « Faire le show »…

Quoiqu’il en soit, ce qui fait le sel de cette émission c’est justement que tout peut arriver. Si le programme était en direct et malgré l’heure tardive, le sel serait encore plus fort. Un piment quasi addictif en suinterait. Nous avons que très peu de rendez-vous qui proposent une conversation de 3 heures avec des intellectuels, des artistes et des politiques face à des polémistes/chroniqueurs. Polémistes plus que critiques. Le critique a pour fonction de faire le lien et le trait d’union entre les œuvres et le public. Ici, nous avons davantage affaire à des personnalités capables de parler de tous les sujets sans pour autant être légitimes. Ils apportent un avis qui ne concerne qu’eux-même sans pour cela faire figure d’autorité. Ce concept est plaisant mais il demande malgré tout un dépoussiérage plus intense. La seule présence de Charles Consigny, aigu soit-il, ne suffira pas à endiguer l’érosion d’audience.

Un tour de table éculé et un manque de renouvellement conduisent à une baisse de la courbe. Hier, 16% de PDA et 898 000 curieux ont regardé ce retour. La première de Angot avait été suivi par 1.10 millions de personnes.

ONPC est la seule marque qui s’impose faute de concurrents sérieux. Les années abîment le concept, les invités se répètent mais il est heureux de voir des nouveaux visages qui apportent un souffle, un regard, une pertinence, une parole libre. Charles Consigny n’a pas hésité à surnommer Ruquier « Marlène Schiappa » quand il a fallu parler féminisme, il s’est permis aussi de renvoyer l’acteur « engagé » Philippe Torreton à ses contradictions quant à ses tribunes politiques, et à s’inclure dans les vaniteux qui succombent aux vanités qui poussent certains à faire de la télévision… Bref, une première réussie.

Le fauteuil de Yann Moix encore tiède supporte très bien ce nouvel arrivant qui va sans aucun doute nous réserver des sorties aiguisées tout au long de cette énième saison.

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