MANOU GALLO, UNE MUSICIENNE AFRICAINE, UN TALENT BRUT, UN ENGAGEMENT POLITIQUE FORT.

PAR YASMINA JAAFAR

Manou Gallo est une musicienne volontaire. Au travers de ses créations groove et funk, elle nous donne une vison forte d’une Afrique en mutation. Certains instruments comme le tambour ne sont réservés qu’aux hommes mais c’est sans compter sur sa détermination à bouger les lignes. Rencontre laruchemedia.com avec Manou Gallo :

Vous venez de participer à la soirée anniversaire du Grand Manu Dibango au Palace. Quelle place a-t-il dans votre parcours ?

Manu Dibango

Ce fut un honneur, un réel plaisir de participer et de jouer avec tous les musiciens de MANU DIBANGO pour son anniversaire. Manu DIBANGO a toujours été un conseiller de choix et un « papa » de la première heure qui a su immédiatement que je voulais être une musicienne et former mon groupe ; il m’a toujours encouragé et soutenu dans ce sens.

Quel héritage laisse cet artiste ?

Manu Dibango a fait connaître la musique africaine Afrobeat, Funk, Soul et le Makossa dans le monde entier et cela n’a pas de prix pour tous les artistes du continent AFRICAIN. Je souhaite vivement suivre son exemple en tant que bassiste et j’espère obtenir un jour un parcours de carrière à son image.

Manou-Gallo ©Jurgen Rogiers

Votre musique est un mélange de musique africaine, groove et funk. Comment s’est forgé votre goût ?

J’ai d’abord été percussionniste avant d’être une bassiste accomplie. La musique est pour moi rythmique avant d’être harmonique.  En Côte d’Ivoire, mon pays natal, j’ai eu la chance dès mes huit ans, de commencer à jouer du tambour, un instrument normalement réservé aux hommes et c’est à partir de ce moment la, que je me suis déterminée à devenir la musicienne que je suis aujourd’hui, aux couleurs multiples ( afro funk, afro Groove, afro jazz, afro blues ).

Qu’implique être musicienne en Afrique ?

Je pense que L’Afrique a besoin d’avoir des idoles, l’Afrique a besoin d’avoir des exemples de réussite et les musiciens en font partie tout comme les footballeurs ou les acteurs. C’est formidable qu’il y ai de grands musiciens comme Manu Dibango, Lokua Kanza, Richard Bona, Paco Sery, Ali Farka Touré, qui font la fierté de ce grand continent. L’Afrique doit être consciente et fière de cela. Je me dois d’être reconnaissante et avoir un devoir d’exemplarité dans ma démarche et ma visibilité en tant que femme instrumentiste.

L’occident voit le continent africain comme l’endroit du monde le plus actif et créatif aujourd’hui. Avons-nous un juste regard de ce qui s’y passe ?

Manou-Gallo ©Jurgen Rogiers

Pour avoir un regard juste, il faudrait bien connaître ce grand continent dans sa diversité toute fois je pense que la jeunesse africaine d’aujourd’hui est manifestement plus ouverte sur le monde aux travers des réseaux sociaux et grâce à Internet. Nous pouvons mieux nous exprimer et nous faire entendre. Il est très important pour la nouvelle génération africaine grâce à ces outils, de changer certaines choses. Je pense qu’elle en a compris l’enjeu.

Nous pouvons être à Divo ou à Douala et poster quelque chose que tout le monde pourra regarder. Durant ma jeunesse, nous n’avions pas cette possibilité. Je  pense que cela participe activement à ce que la jeunesse soit de plus en plus dynamique et créative. L’Occident a bien compris que ce continent était le plus attractif du XXI ème siècle.

Le tambour et vous : c’est une longue histoire d’amour. Un instrument traditionnellement réservé aux hommes. Avez-vous eu des difficultés à vous l’approprier ?

Le tambour et moi, c’est une longue histoire. Je jouais du tambour dès l’âge de huit ans à Divo, dans mon village en Côte d’Ivoire. Il n’avait jamais vu une petite fille pratiquer cet instrument ; il faut avouer que c’était très surprenant pour eux mais grâce à grand-mère, une femme formidable, qui m’a soutenue dans ma passion, j’ai pu réussir à m’imposer et me faire accepter par les villageois. Je ne dirai jamais assez merci à cette grande dame !

Quel est le massage de votre dernier album«  Afro Groove Queen » ?

Le message de mon dernier album «  Afro Groove Queen »  est un message d’amour, d’amitié et de liberté. Je suis une femme Africaine libre qui souhaite faire du jazz, du blues, du rock et offrir de l’espoir grâce à ma musique, je veux montrer qu’il faut croire fort en ses rêves et surtout ne jamais «  baisser les bras ».

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