LA MORNA/UNESCO : PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL DE L’HUMANITÉ ? RENCONTRE AVEC LA CHANTEUSE CAPVERDIENNE MARIANA RAMOS POUR EN SAVOIR PLUS.

YASMINA JAAFAR
LA RUCHE MEDIA

La commission UNESCO  à Bogota vient de ratifier la Morna :  Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité le 12 Décembre 2019. Que cela signifie-t-il ? 

C’est une grande fierté pour tous les capverdiens. La Morna, musique traditionnelle de l’archipel de Cabo verde, est l’identité sociale et culturelle de tout un peuple.

Quelle histoire se cache derrière ce style musical ? 

Peuples et cultures de moult horizons ont créé le caractère universel de ce rythme, dans la seconde moitié du XIXe siècle. La Morna est née à l’île de Boa Vista, a grandi à Brava et a atteint sa majorité à l’île de Sao Vicente, mon île natale. Elle est l’expression de l’âme capverdienne appelée « Sodade » ce spleen maritime évoqué lors des séparations et des retrouvailles. Autrefois, elle témoignait de la sécheresse ou de la famine, et aujourd’hui elle parle d’amour et désamour.

Comment vous l’êtes vous approprié ? 

Plus jeune lors des réunions familiales, mon père, guitariste professionnel, jouait de la guitare et ma mère chantait la Morna; j’étais très touchée par son expression chargée d’émotion et j’ai compris plus tard ce qu’était la « Sodade » et qu’aucun style musical ne pouvait égaler la Morna dans mon cœur.

Emmanuel Macron a dit le 28 novembre 2017 à Ouagadougou : « Je considère que l’Afrique est tout simplement le continent central, global, incontournable car c’est ici que se télescopent tous les défis contemporains. C’est en Afrique que se jouera une partie du basculement du monde. » Qu’en pensez-vous ? 

Si les propos de notre Président sont « sincères » et que la France et l’Europe agissent sur ces prochains défis avec des pays Africains plus unis, dans un climat qui donne du sens au pouvoir et à ce que pourrait être les intérêts de chacun, nous pourrons entrevoir le basculement du monde s’opérer en Afrique.

Le président lance Africa2020, un projet panafricain. Est-ce selon vous une bonne entrée pour s’adresser à ceux qui prônent le séparatisme ou le communautarisme en France ? 

Africa 2020 me semble une bonne initiative d’échanges culturelles encore faut-il que la France « redore son blason » une nation multiculturelle de métissage de population cosmopolite, de partage et d’unité. Je constate que la diversité culturelle et les artistes africains sont de moins en moins représentés sur le devant de la scène, dans les médias, exit les « Victoires de la Musique ». Ce pays qui a fait connaître « la diva aux pieds nus » ne peut cultiver le séparatisme, le communautarisme qui œuvre pour une forme de racisme.

Quel souvenir gardez-vous de votre participation au concert anniversaire de Manu Dibango ? 

Une symbiose entre les artistes de tous horizons, un moment de « morabeza » comme on dit en capverdien. Manu Dibango, ce grand Monsieur de la musique africaine, qui a côtoyé les plus grands et traversé plusieurs générations, Il a ce don de fédérer les artistes de différents styles. J’étais très heureuse de faire partie de cette grande fête.

MANU DIBANGO

Que représente-il pour vous ? Quel héritage ? 

Manu Dibango est une inspiration pour nous et les générations à venir. Sa musique est une belle fusion entre la musique africaine, le jazz et la musique populaire. Il peut être fier de ce qu’il nous offre.

Y aura-t-il des « guest » lors de vos concerts du 27 au 29 février au studio de l’Ermitage ?

Ces trois concerts sont dédiés à mes deux frères qui m’ont toujours soutenus dans mon parcours professionnel. Il y aura des invités « surprise » bien entendu mais chut !!!

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