50 NUANCES DE GREY : LE PHENOMENE ? LA DECEPTION…

« 50 nuances de Grey » était sous embargo : interdiction de parler du film avant sa sortie. Il est sorti. On en parle.

Avec 100 millions de ventes dans le monde, avec 200 000 tickets pré-vendus, avec 52 traductions, avec 84 millions de butin pour l’auteur E. L. James nous pouvons parler aisément de phénomène.

L’adaptation du livre, en salle depuis mercredi 11 février, a attiré 356 221 curieux. Un score qui renvoie au rebut Taken 3 qui squattait la première place depuis sa sortie. Le plus gros démarrage de ce début d’année. Mais que vaut le film ? Propre, image léchée, décors sensationnellement empreints de richesse, réalisation hygiénisée, le tout pour démontrer la domination masculine, le pouvoir de celui qui a triomphé financièrement tout en se cherchant à en crever dans l’intime. aff 50 nuances de grey

L’actualité se concentre depuis le 9 février sur le procès DSK. Une autre fascination avec plus de 300 accréditations/journalistes, avec des caméras à foison et des femens énervées. Le dominant à la barre agitant le fantasme d’une vie sexuelle dure et différente. Grey est tout aussi différent. Grey sort tout droit de la fiction certes, mais Grey renferme toutes les questions et les curiosités autour du plaisir féminin et une jouissance jamais comprise des hommes.

En matière de fiction, de compréhension et de recherche peut-être faut-il se pencher sur la série Masters of Sex qui relate la vie de deux gynécologues américains de années 50 William Masters et Virginia Johnson. Envers et contre tous, les deux passionnés ont voulu savoir ce que suppose le plaisir des femmes. Que le livre et le film 50 nuances de Grey subjuguent les foules avides de chair… passons, mais impossible d’imaginer que ce long métrage un peu ridicule puissent éveiller les consciences. Derrière ce soit disant phénomène on ne risque de trouver qu’une boulimie humaine et normale mais toute sexuelle. Pour le « savoir et la connaissance », il y a d’autres alternatives de talent… heureusement.

50 nuances photo 1

La bleuette  nous transporte dans la vie d’un homme control freaks atterré par une enfance compliquée et qui se sauve dans des jeux sexuels anormaux. Aucun plaisir, aucun « lâcher prise » (une réelle contradiction avec le sous-titre affiché vigoureusement sur l’affiche) ne transpire. Il n’existe que la souffrance de cet homme riche, très riche et seul, très seul. La description d’un homme moderne, perdu entre ses envies et la peur de l’abandon. Selon l’auteur Diane Ducret qui vient de sortir « La chair interdite« , les hommes en période de crise, auraient besoin -plus qu’envie- de contrôler leur vie et leur partenaire. Se montrer conquérant pour ne pas s’évanouir. Craintifs de perdre définitivement leur place de mâle.

50 nuances sam taylor johnson
La réalisatrice Sam Taylor-Johnson

11 minutes de sexe et 41 minutes avant le premier baiser… un markéting de grand professionnel pour un résultat médiocre.

Facile et vautré dans une mare de clichés archétypales, 50 nuances de Grey provoque par le caractère sulfureux de la performance sexuelle qu’elle vienne des hommes ou des femmes. L’obligation de jouir. Nous avons, nous, la possibilité de fuir.

Yasmina Jaafar

Photos :  © Universal International Pictures

http://youtu.be/uqNqRstoWSA

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Du même auteur
À voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *