COVID19 : VACCINS, PAYS PAUVRES, CHLOROQUINE, CONFINEMENT… LE DOCTEUR RAFIK MASMOUDI, CHEF D’UNITÉ SECTEUR COURT – GEORGES POMPIDOU RÉPOND À NOS QUESTIONS.

L’hôpital est mort depuis que l’humain est devenu secondaire voire inexistant.

Les français semblent impatients de voir arriver la fin du confinement alors que le pic de la pandémie n’est pas encore là… Êtes-vous pour l’instauration d’un couvre-feu ou mesures plus drastiques du confinement ?

Je suis pour une responsabilité individuelle et un civisme pour protéger le collectif. Il faut frapper plus pour être dissuasif quand la liberté et la sécurité du groupe sont mises en danger.

L’esprit latin est-il compatible avec la privation des libertés ?

PARIS MARS 2020 PENDANT LE CONFINEMENT

Pour répondre à la question il faut définir le mot liberté et le sens qu’il a dans l’esprit dans nos concitoyens. Je pense qu’il n’existe aucun rapport ces précautions sont salvatrices et vitales pour note société voire l’humanité.

D’ailleurs lorsque « nous sommes en guerre » comme l’a dit le président pouvons-nous penser que ces précautions soient liberticides ?

Il faut toujours anticiper les messages, la sensibilisation et l’information, en utilisant tous les canaux possibles de notre ère, doivent être primordiales, l’utilisation de la peur peut être contre-productive mais l’associer d’une maniéré intelligente et parcellaire peut être efficace.

En 2011, des économies ont été réalisées tant sur la fabrication de masques que la gestion de l’Hôpital. Quel est votre avis ? 

Notre système sanitaire s’est dégradé depuis plusieurs décennies avec une accélération depuis l’instauration de la loi HPST en 2008 qui a rendu l’hôpital une entreprise avec une gestion purement économique et administrative, l’ère des tableaux de bord, l’hôpital est mort depuis que l’humain est devenu secondaire voire inexistant.

Êtes-vous pour un tribunal sanitaire international comme le préconise le Professeur Sicard ? 

Oui je suis d’accord pour traiter le mal, il faut aller à l’origine. Il faut respecter la nature, l’industrialisation et la mondialisation sont les maux de la société. Ces maladies virales viennent toujours d’un réservoir de virus animal. Aucune illusion à faire sur l’arrêt de la déforestation qui nécessite une modification de nos modes de consommation, seule une action internationale écologiquement respectueuse et une égalité d’accès aux ressources éviterait une poursuite des pratiques qui conduisent à la diffusion des zoonoses.

Les États-Unis s’apprêtent à dépasser la barre des 10.000 morts liés à l’épidémie Covid19. Leur système de santé peut-il tenir ?

DONALD TRUMP EN PLEINE TEMPÊTE COVID 19 – MARS 2020

Le système sanitaire américain est très fragile avec une médecine à deux vitesses, les plus touchés seront les couches sociales les plus défavorisées par manque d’accès aux soins, malheureusement pour les plus favorisés, cette guerre invisible ne fait pas la différence.

Confondre impatience et précipitation. Faut-il prendre un temps long pour trouver le vaccin où proposer un premier traitement même si les effets secondaires sont encore incertains ? 

L’urgence est de trouver un traitement anticovid 19, la médecine est basée sur des preuves avec une évaluation bénéfice/risque, on a fait beaucoup de progrès devant une nouvelle maladie inconnue il y a 3 mois.

Votre regard sur la polémique #Chloroquine ?

Je suis très optimiste pour l’avenir, ce qui me gêne dans l’affaire de la Chloroquine c’est l’espoir et la certitude que des scientifiques reconnus donne à la population sans preuve tangible. Nous médecins de terrain on se retrouve devant un dilemme avec une incompréhension qui peut être dangereuse et angoissante. L’inconnue engendre la peur c’est pour cette raison qu’il faut être raisonné, il faut rassurer non concitoyens et être pragmatique.

L’Afrique et l’Inde vont être douloureusement impactées. Ces pays sauront-ils faire face ? 

DOCTEUR RAFIK MASMOUDI, CHEF D’UNITÉ SECTEUR COURT – GEORGES POMPIDOU

La situation des pays sous développés reste très préoccupante avec l’état sanitaire et sociale très précaires. L’aide de l’Europe doit être rapide et humaine.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Du même auteur
À voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *