MICHEL GONDRY S’EMPARE DE BORIS VIAN. L’ECRIVAIN ET JOURNALISTE CLAIRE JULLIARD, AUTEUR D’UNE BIO SUR VIAN A AIME LE FILM !

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23 Avr 2013
MICHEL GONDRY S'EMPARE DE BORIS VIAN. L'ECRIVAIN ET JOURNALISTE CLAIRE JULLIARD, AUTEUR D'UNE BIO SUR VIAN A AIME LE FILM !

INTERVIEW. Boris Vian adapté au cinéma par Michel Gondry ! Cette affirmation annonce une promesse enivrante. Le réalisateur aime les expériences immersives et possède un univers hypnotisant. L’artiste semblait tout désigné pour s’attaquer à cette figure de la littérature qu’est Boris Vian et son chef d’œuvre « L’Ecume des jours » publié en 1947 par Gallimard. La Ruche Média a croisé la route de Claire Julliard, écrivain et journaliste littéraire au Nouvel Observateur et spécialiste de Boris Vian. L’auteure a publié une biographie intitulée tout simplement « Boris Vian » chez Gallimard en 2007. Désormais étudié dans les écoles, cet ouvrage finement fouillé et essentiel est devenu une référence.

La version Gondry de « L’écume des jours » en salle demain, est très attendue.

Du stylo à la caméra, il y a peut être moins qu’un pas…

photo claire j

D’où vient votre intérêt pour Boris Vian ?

A l’adolescence, comme beaucoup, j’ai eu un coup de foudre pour « L’Ecume des jours« .  Tout m’a fasciné, l’humour, l’inventivité, la mention « Memphis-Davenport » à la fin du livre. Et bien sûr l’histoire d’amour entre Colin et Chloé. Au collège, j’ai connu une grande période d’effervescence vianesque où j’écrivais à l’encre Bleue-des-mers-du-sud comme lui, où je parsemais mes cahiers de ses citations comme : « Je passe le plus clair de mon temps à l’obscurcir« . Boris Vian a aidé un grand nombre de jeunes à passer la délicate période dite de « l’âge ingrat ». Cet écrivain parle au cœur des adolescents. Ils se reconnaissent dans son esprit d’escalier, sa fantaisie onirique, son « potachisme », et surtout ils se laissent emporter cette grande vague d’émotions qui déferle dans « L’Ecume« , ouvrage d’un romantisme échevelé… J’ai eu un peu peur de le relire à l’âge adulte, avec moins de naïveté lorsque j’ai décidé d’entreprendre sa biographie. Mais j’y ai retrouvé ce que j’avais aimé. Rien à faire, ce livre est magique.

« L’Ecume des jours » avait déjà fait l’objet d’une tentative d’adaptation contestable. Que pensez-vous du film de Gondry ?

J’ai toujours pensé que « L’Ecume«  était un livre impossible à adapter. Je suis donc allée le voir avec des réticences, en dépit de l’admiration que j’éprouve pour Michel Gondry. D’emblée, la folle créativité du film m’a séduite, son coté Méliès, sa drôlerie. On pourrait craindre que ces cascades d’effets ne finissent par gommer le principal, c’est-à-dire l’émotion. Mais non. Le film bascule de manière remarquable du merveilleux au tragique. Et de la couleur au noir et blanc. Gondry réussit la prouesse d’être très fidèle à l’esprit du roman tout en y mettant beaucoup de lui-même. Le télescopage de ces deux univers est une réussite. On en ressort bouleversé. Cependant, je pense qu’il va susciter des réactions contrastées. Les gens qui ne sont pas familiarisés avec l’univers de Vian risquent d’être quelque peu surpris, surtout dans le premier quart d’heure.

« L’Ecume des jours » avait eu du mal à trouver son public à sa sortie en 1947. Il ne s’est imposé qu’après la mort de l’auteur ?

Oui, sa publication chez Gallimard est restée très confidentielle. Le livre avait néanmoins été soutenu par des personnalités comme Sartre ou Queneau qui y voyait « le plus poignant des romans d’amours  contemporains ». Le scandale provoqué par la parution de « J’irai cracher sur vos tombes » sous le pseudonyme de Vernon Sullivan a éclipsé ce qu’il considérait comme sa véritable œuvre. En son temps, Vian était plus connu comme fantaisiste, comme le trompettiste animateur du Tabou que comme un véritable écrivain. C’est mai 68 qui l’a porté au pinacle, neuf ans après sa mort. « L’Ecume des jours » est devenue une œuvre phare d’une jeunesse révoltée. Depuis, son succès n’a jamais cessé. On rencontre toujours dans les collèges et les lycées, des fans absolus de Boris Vian.  Pour eux, l’histoire de Colin et de Chloé reste un rite de passage de l’enfance à l’adolescence. Pour certains même, c’est une voie d’accès à la littérature.

livre vian

 Yasmina Jaafar

CASSANDRA L’ENSORCELEUSE…

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22 Avr 2013
CASSANDRA L'ENSORCELEUSE...

Oyez, amateurs d’Urban fantasy, Cassandra O’Donnell, la star française du genre, vient de sortir « Ancestral », le tome 4 de sa saga « Rebecca Kean » (J’ai lu). Où l’on retrouve son humour incisif, ses intrigues frémissantes et son héroïne au caractère trempé. Soit une ravissante sorcière de guerre condamnée à mort, traquée par les siens et condamnée à vivre clandestinement parmi les humains avec sa fille Léonora. Entretien.

Propos recueillis par Rita Popoulos

Photo : P. Mistsas © Flammarion

« Histoire de bien commencer la saison, le Mortefilis a décidé d’envahir la Nouvelle Angleterre ». Dans ce nouvel épisode, Rébecca Kean doit faire face à l’invasion d’une armada de vampires … Pensez-vous que l’on puisse lire ce volume sans avoir lu les précédents ?

Oui mais ce serait dommage… Les personnages et leur évolution sont des éléments fondamentaux de l’intrigue. Rebecca Kean est une série, les relations et les révélations se font au fil des tomes, on s’attache à eux, on découvre leurs secrets, un peu à la manière des héros de certaines séries télévisées que l’on a plaisir à suivre. La fantaisie urbaine est un genre littéraire qui se construit d’ailleurs de la même façon. Il y a une part d’intrigue, une part réservée à la famille de l’héroïne, à ses relations sentimentales. Mais ce qui prime avant tout, c’est l’action. Bref, Rebecca Kean n’est  pas seulement un thriller fantastique mais une véritable saga.

Rebecca Kean semble ignorer les notions de bien et de mal ?

Rebecca n’est pas « humaine ». Elle n’a pas été élevée dans des valeurs judéo-chrétiennes, elle ne ressent pas ou peu d’émotions. Elle n’a aucun respect pour la vie des autres, elle emploie les moyens qui

LES GAMINS… DES ENFANTS UN PEU LOURDS

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18 Avr 2013
LES GAMINS... DES ENFANTS UN PEU LOURDS

Pourquoi faire long quand on a pas aimé un film ? Alain Chabat et Max Boublil donnent de la voix pour le dernier film d‘Anthony Marciano, « Les gamins » en salle depuis hier. La presse est unanime. Incompréhensible ! Laurent Ruquier leur a prédit 4 millions d’entrées, Cyril Hanouna a confirmé. Alors, soit je suis bouchée, soit trop difficile, mais il est certain que cette fable ne m’a pas séduite. Seule scène qui sauve la laborieuse entreprise, celle du Sommet/Iran à l’Unesco…. sauf qu’elle est piquée à un film de Rappeneau « Tout feu, tout flamme » !…

Des invités surprises sont éparpillés ici ou là  pour nous « surprendre ». Une fois surpris, on attend plus. Des dialogues très travaillés lancés comme un jet de pierre pour nous faire rire (un rire presque obligatoire). Une visite de Marrakech, la belle, complétement survitaminée et définitivement cannibalisée par les pipols  et les médias. Des professionnels de la com et de la musique semblent sous produits illicites  et ivres d’eux même. Après les confidences d’Ollivier Pourriol dans son livre ON/OFF sur ses déboires au sein de la rédaction du Grand Journal, beaucoup penseront inéluctablement que le monde des médias est irrattrapable… des clichés et des invraisemblances fusent sur cet univers pas toujours drôle mais loin d’être si caricatural.

Alain Chabat, en vieux jeune déprimé, est très en forme  voire un peu trop mais beau sésame pour les seconds rôles : Sandrine Kiberlain est succulente dans l’habit de la bobo humaniste qui s’inquiète à outrance pour les petits africains et qui se bourre jusqu’à la nausée de soja et tofu. Un cliché de plus mais celui là est bien orchestré…

Quant à Max Boublil, adorateur de Judd Apatow, de Mel Brooks ou encore de Woody Allen, il a co-écrit le scénario. L’acteur slash l’humoriste slash le chanteur reste malicieux mais ça ne suffit pas à nous faire rêver. Il est aussi à l’affiche du dernier Thompson, « Des gens qui s’embrassent » (une autre erreur) et sera bientôt dans « Max, le Millionnaire » auprès de Chantal Lauby et Patrick Timsit. On espère mieux… Et pour finir, Boublil sera à Olympia les 22 et 23 juin 2012.

Enfin, quoi dire de plus… malgré l’énergie déployée… passez votre chemin !

YJ

OLLIVIER POURRIOL OU LA PHILOSOPHIE FACE A LA TELEVISION…

16 Avr 2013
OLLIVIER POURRIOL OU LA PHILOSOPHIE FACE A LA TELEVISION…

Le livre On/Off d’Ollivier Pourriol est sorti hier, lundi 15 avril. Le philosophe y raconte son expérience douloureuse de chroniqueur sur le plateau de l’émission phare de Canal Plus, le Grand Journal. Une expérience en demi-teinte, c’est le moins qu’on puisse dire… Avec un ton désopilant et incisif, Ollivier utilise la forme dialoguée pour se rapprocher un plus du théâtre et s’éloigner de la  rancœur et de l’amertume. Procédé réussi puisque le lecteur a le sentiment d’assister à une pièce. Le recul permet le rire, les exemples donnés permettent l’étonnement… Le philosophe ne ménage pas ses anciens patrons, ne craignant nullement la polémique. Renaud le Van Kim, le producteur de ce talk show infotainment a réagi sur le site du Point, indiquant qu’il « ne reconnaissait pas son entreprise ».

La description du programme paillette de la chaîne cryptée pourrait donner la chair de poule à tout ceux qui ne travaillent pas à la télévision. Le producteur explique qu’une émission légère, de surcroit en access ne peut supporter le temps long : La Grande Libraire présentée par François Busnel sur France 5, elle, s’inscrit dans une autre mécanique. Les auteurs prennent le temps de défendre leur œuvre. Le concept même est le temps pris pour parler des mots.

Mais la naïveté d’Ollivier Pourriol semble curieuse. Pourtant habitué aux médias puisqu’il officie aussi dans Le Cercle (l’émission critique de Frédéric Beigbeder) il exprime dans ce livre/confession un supplice hors norme vécu comme une punition violente « J’avais besoin de me réparer tant l’expérience a été violente. C’était de l’ordre de la souffrance physique. Dans cette grande machine à laver le cerveau qu’est Le grand journal, je me suis retrouvé dispersé, psychiquement atomisé, désintégré. Quand vous arrivez sur le plateau, c’est comme dans le film Gladiator : vous êtes projeté dans une arène, avec la scène qui s’ouvre, les lumières qui vous aveuglent, les cris de la foule… »

Quant à sa réponse concernant l’invitation de Renaud le Van Kim de venir sur le plateau du Grand Journal cette semaine pour s’expliquer les yeux dans les yeux (pour reprendre une formule désormais célèbre…), Pourriol répond sans encombre : « Bien sûr que non. Ce serait nier tout ce que j’ai fait. Le pire piège, ce serait de rire ensemble de toute cette comédie. Pour rire ensemble, il faut avoir confiance ». (Source : telerama.fr)

Ça c’est dit !

livre pourriol

Des salaires et des méthodes indécentes…

10 000 euros par mois ! Une fortune pour, encore une fois, tous ceux étrangers à univers. Les sommes ne ressemblent plus à grand chose dès lors que les projo s’allument. Ollivier Pourriol emploie des mots empreints de franchise sur le plateau de Médias, le Magazine dimanche 4 avril, « Payé à rien foutre, je suis resté pour l’argent« . Il a tenu un temps, mais combien de temps peut-on tenir si la honte s’immisce ?…

ANGELA DAVIS RACONTEE PAR SHOLA LYNCH, LA COMMUNISTE AFRO HURLE SON BESOIN DE LIBERTE A LA TETE DE NIXON!

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11 Avr 2013
ANGELA DAVIS RACONTEE PAR SHOLA LYNCH, LA COMMUNISTE AFRO HURLE SON BESOIN DE LIBERTE A LA TETE DE NIXON!

Shola Lynch ravive nos souvenirs avec le documentaire Free Angela and all Political Prisoners, en salle depuis le 3 avril 2012. Flash back sur les deux années où Angela Davis devient une icône médiatique et un emblème  pour la liberté à tout prix.

Le 7 août 1970,un juge trouve la mort lors d’une tentative de libération d’un membre des black Panthers. Angela Davis, alors prof à l’université de San Diego est traquée par le FBI. La jeune femme noire, féministe, militante de la section du Che-Lumumba Club au sein du Parti communiste américain, enseigne la philosophie et la littérature. Ses convictions marxistes font d’elle une cible toute trouvée : elle sera suspectée d’avoir fourni les armes. Il n’en fallait pas moins à ce tempérament de feu pour graver en elle un engagement profond et définitif.

Elle échappe à la peine de mort de peu, grâce à la mobilisation nationale puis mondiale d’une population en noir et blanc choquée et fatiguée de toutes ces exactions à l’encontre des afro-américains. Les années 60 sont justement l’instant de l’Histoire où un vent de colère gronde dans toute l’Amérique. Cette certitude que le peuple Noir reste assujetti aux Blancs, cette pensée nausée abonde que la différence fait loi, cette folie inhumaine qui convoque les actes les plus vils et empreints de haine se meure. Il est temps de lever le poing haut et fort. De crier que sa place n’a aucun prix et que l’accès aux mêmes droits une forme obligation non négociable. « Depuis des années dès qu’un noir tente de lever la voix, il est assassiné » cette phrase prononcée par Angela  annonce son envie vitale de changer les choses.

Les choses vont effectivement changer mais presque malgré elle ! Elle vit 22 mois d’enfer entre des avocats motivés à la sortir de ce traquenard et un Nixon bien décidé à la voir morte, assise sur LA chaise. L’Amérique de cette époque est coincée dans ses travers et ses mauvaises habitudes. Elle compte sur ses vieilles lubies pour assener des vérités jamais fondées.

Le travail de Shola Lynch est léché et précis. La réalisatrice enferme ces moments d’angoisses dans une bulle/bande-son de qualité et des images d’archives poignantes : on s’y croirait.

Une longue percée dans les moments tendus…