CHRISTINE ORBAN NOUS PARLE DE « EST-CE QUE TU DANSES LA NUIT… », SON DERNIER ROMAN, DE L’ÉCRITURE ET DU CONFINEMENT.

Je suis restée confinée avec les héros de mon roman !

« Est-ce que tu danses la nuit… » raconte histoire d’amour entre Tina et Marco, mais Tina s’éprend du père de Marco, Simon. Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce rapport à l’homme plus âgé ?

Mon écriture se nourrit d’observations… Mais, il faut aller plus loin, je partage l’idée de Pessoa « La littérature c’est la preuve que la vie ne suffit pas. » L’écriture sert à réaliser les rêves et les phantasmes. En cela, elle est une vie à part entière. Je voulais raconter l’histoire d’une attirance irrésistible. Raconter l’échec de la morale confrontée au désir. J’aime créer des personnages en dehors de convenances.

Une éducation sentimentale pour la jeune fille, le plus beau moment de la vie d’un homme pour Simon.

La Fascination : « Lui est fasciné par cette femme en devenir ». Simon se revit-il en Tina ? A quel point l’amour est le miroir de nous-mêmes ?

Simon est veuf, il a renoncé à séduire, Tina lui redonne gout à la vie. Mais à cause de la différence d’âge le temps n’est pas le même pour lui que pour elle. Ce qui rend leur relation plus intense encore.

Dans ce cas est-ce vraiment de l’amour ?

Il s’agit d’une passion amoureuse, une passion sans avenir à cause de la différence d’âge…

Vous écrivez : « Déplacé était le mot. Cette histoire l’était en tout point. » Quelle est la différence entre un amour interdit et un amour déplacé ?

Il ne s’agit pas d’un amour interdit, il n’y a ni crime, ni emprise.

Déplacé parce qu’il s’agit d’une relation en dehors des convenances. La littérature ce n’est pas la morale, c’est la liberté ! Relisez un Amour de Buzzati, Anna Karénine, Truman Capote, L’histoire de HollyLes liaisons dangereuses, Fort comme la mort de Maupassant, revoyez Le Lauréat de Mike Nichols ! L’amour comme dit la chanson « est enfant de Bohème : il n’a jamais connu de loi… »

En plus dans mon roman le plus fort n’est pas celui que l’on croit.

CHRISTINE ORBAN, ÉCRIVAIN

Le couple est-il un apprentissage de soi ?

Un couple c’est deux personnes. Il faut aimer vivre avec l’autre, aimer tout simplement et demeurer soi-même. Je ne pense pas que l’on rencontre quelqu’un pour apprendre à être soi.

Nous venons de vivre une période inédite avec le confinement. Nous avons beaucoup entendu que c’était l’occasion d’écrire. Pensez-vous qu’il soit possible, dans un moment de restriction des libertés, d’être suffisamment concentré pour pouvoir créer ?

Certains ont écrit, personnellement j’ai lu, j’ai tenté de transmettre mes choix de lecture, de conserver un lien avec l’autre (sur Instagram…). Trop de choses se passaient à l’extérieur pour me plonger dans ma vie intérieure, il y avait une indécence à me séparer du monde. J’étais une spectatrice solidaire. Prête à répondre à la sollicitation.

Comment avez-vous vécu ces instants de repli en tant qu’écrivain ?

Mon livre étant sorti en Mars, la veille de la fermeture des librairies. Je suis restée confinée avec les héros de mon roman ! Les émissions, les conférences ont été annulées, la passation ne s’est pas produite. Je n’ai pas pu les transmettre. Heureusement la vie reprend et le livre continue son chemin, le livre est réimprimé.

J’ai l’habitude de rester chez moi, j’aime la solitude et le silence de mon bureau.

Est-ce que cette expérience « confiné » peut-être l’objet d’un prochain livre ?

Non surement pas l’objet d’un livre, mais forcément cette épidémie marquera notre vie.

PAR YASMINA JAAFAR

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