EMMANUEL MACRON VU PAR PAULINE ESCANDE-GAUQUIE : LA FULGURANTE ASCENSION D’UN HOMME

Emmanuel Macron a réussi son incroyable pari lancé il y a un an quand il a créé son parti En Marche. Le petit dernier de la politique, qui a osé ses premiers pas seul contre tous en s’appuyant sur ses partisans de la première heure et ceux du CAC40, ne marche plus, il court.

Par Pauline Escande-Gauquié

Il court sa dernière ligne droite vers la présidence. Toujours confiant en son projet, en la force de son destin et en ses partenaires médiatiques, l’enfant prodigue a gravi les étapes vers le pouvoir en quelques mois là où d’autres mettent des années, parfois une vie.

Quand en novembre, il s’est présenté comme candidat, les ricanements des vieux loups de la politique face à ce jeune impétueux sans expérience n’ont fait que raffermir sa posture de challenger. Rira bien qui rira le dernier… Et puis il y a eu l’hécatombe des primaires à droite comme à gauche, et les affaires qui n’ont fait que consolider le ras-le-bol généralisé des français. Macron a alors mobilisé plus que jamais ses troupes en multipliant les meetings, les rencontres et les unes de presse. Quand il a pris dans les sondages une place de favori, il a commencé à faire peur à la vieille caste politique. Les rires ont cessé. Dans cette période de fracture et de crise du politique avec le peuple, le mouvement En Marche est devenu plus opportuniste que jamais : il s’est érigée en symbole d’une contestation non-agressive et progressiste. Tout cela avec le sourire, avec une « bienveillance » et un « optimisme » contagieux. Quelle « hygiène démocratique » pour reprendre les termes du candidat lui-même face à des adversaires arrogants comme Fillon ou impétueux comme Le Pen et Mélenchon.

Quand la marche s’accélère…

L’ascension fulgurante s’emballe quand le président du Modem François Bayrou s’allie fin février au mouvement En Marche, renonçant à sa propre ambition de présidentiable. Si Macron se voit en haut de l’affiche, Bayrou s’imagine en premier ministre. En Marche suscite alors encore plus l’attention médiatique et politique. Alors que Fillon et Marine Le Pen s’embourbent dans les affaires largement alimentées par les médias, Hamon s’inscrit aux abonnés absents et Mélenchon crève l’écran en rhéteur rock star hologrammisé. Macron, lui, continue sa lancée à grands pas, multipliant les meetings et bénéficiant du ralliement de députés, de ministres de droite comme de gauche. Le rang des traitres grossit en sa faveur dont le plus sidérant est celui de Manuel Valls le 29 mars.

Début avril, en dépassant les espaces où on l’avait circonscrit, Macron détonne plus que jamais. Sa marche devient une vague en mouvement, une force de renouveau soutenue par le monde des affaires qui commence à se frotter les mains d’avoir spéculé sur l’avenir de ce jeune golden boy. Dimanche 23 avril, la victoire est totale. Macron arrive en tête du premier tour avec 24 % des voix, talonné par Marine Le Pen qui atteint presque 22%. Le candidat d’En Marche ! peut envisager avec confiance le second tour. Il incarne sur son nom l’union des forces républicaines.

Vers le deuxième tour

Ce deuxième tour marque ainsi la fin du système gauche droite autour duquel s’est toujours articulé la vie politique française sous la Vème République. Les partis politiques traditionnels sont à terre. Macron en s’imposant inflige aujourd’hui à la classe politique traditionnelle un véritable examen de conscience. Les Français, eux, restent en colère devant une société trop inégalitaire et une élite qui les néglige. Les succès aux urnes des autres oustiders Le Pen et Mélenchon en disent long sur ce qu’ils veulent pour l’avenir. Si Macron, c’est la gloire de l’outsider le plus modéré et poli, reste que la vieille classe politique a été rejetée massivement. Le deuxième tour risque de devenir le théâtre des règlements de compte dans l’agora au bénéfice de l’extrême droite comme en témoigne le feu au poudre allumé si vite par le dit « dîner orgiesque » post-victoire à la Rotonde de Macron avec ses équipes. Restons prudents, Macron n’est pas encore président. le Front National est une menace réelle pour les valeurs d’un pays qui est le terreau des droits de l’homme et des valeurs républicaines d’égalité, de liberté et de fraternité. L’heure est grave. Il ne devrait plus y avoir de débat. Appeler à voter Macron c’est appeler à voter républicain. Dans ce deuxième tour, souhaitons que les politiques de tout bord assument leur responsabilité d’influence et leurs convictions de citoyen démocrate en faveur du candidat de la démocratie.

Ce que Pauline Escande -Gauquié disait d’Emmanuel Macron le 5 février 2016 :


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