GUILLAUME KLOSSA : UN DIRIGEANT AMOUREUX DE L’EUROPE ET DU 7è ART LANCE LA SEMAINE EUROVISION DU CINEMA

Guillaume Klossa est  Directeur de l’Union européenne de Radiotélévision (UER) chargé des affaires publiques, de la communication et de la stratégie digitale de la principale organisation internationale de broadcasters. Homme de média, essayiste, il a fondé le think tank EuropaNova en 2003 pour promouvoir le dialogue autour des questions européennes entre leaders d’opinion du continent. Ce dirigeant européen, tout juste quadra, nous parle de la semaine EUROVISION du cinéma qui démarre le 25 novembre  pour se terminer le 7 décembre 2013.

Que couvre cet événement. Explications :

 

Qu’est ce que recouvre cette manifestation artistique ?

La EUROVISION FILM WEEK est le festival de cinéma le plus ambitieux  jamais organisé en Europe : 26 groupes de service public dont France Télévisions, l’ARD et la ZDF en Allemagne, la RAI en Italie, la RTBF en Belgique… célèbrent  ensemble sous l’impulsion de l’Union européenne de radiotélévision le cinéma européen, ses valeurs, ses réalisateurs, ses acteurs ainsi que la relation intime qui existe en notre cinéma et le service public en Europe. C’est une première qui doit beaucoup à l’engagement de France Télévisions qui s’est doté d’un dispositif puissant avec une programmation de films européens, de documentaires sur le cinéma et de nombreux débats. Costa Gavras, ambassadeur de l’Eurovision film week, a lancé ce dimanche au 20h00 de France 2 cette semaine du cinéma européen.

Dans cette période de crise, nos membres de service public souhaitent donner un signal fort de leur engagement au service d’un cinéma européen de qualité et innovant, vecteur d’un imaginaire collectif européen mais aussi de diversité, L’audience cumulée des chaines participant à ce festival européen dépasse les 270 millions de téléspectateurs hebdomadaires et atteint plus de 70% de l’audience totale des pays concernés. C’est ainsi le festival de cinéma le plus ambitieux jamais organisé sur ce continent et très probablement dans le monde.

Comment vous est venue  l’idée de vous intéresser au cinéma français et européen ?

Les membres de l’UER sont engagés pour un cinéma européen fort et innovant et plus largement en faveur d’un espace public européen culturel, démocratique, mémoriel vivant et dynamique …. La création cinématographique en est un pilier clé. Nous croyons en l’avenir et en l’utilité de notre cinéma et nous voulions partager cette conviction avec nos concitoyens et les décideurs politiques. Le cinéma est un bien commun qui contribue à la fois à la cohésion nationale et européenne, à la créativité et l’imaginaire collectif et souvent également à l’émancipation des individus. Dans cette période de crise, il faut donc se donner les moyens d’investir dans des productions de qualité. Il s’agit également de renforcer la diffusion des œuvres en Europe, un sujet au cœur du Forum d’Avignon qui s’est terminé ce samedi. Cela passe par un marketing et une promotion de nos films qui soient plus transfrontaliers. Mais aussi par des mécanismes de soutien aux coproductions internationales et européennes plus simples.

GUILLAUME KLOSSA (EUROPANOVA), PORTRAITS

Avez-vous rencontré des difficultés pour rassembler les différents diffuseurs TV européens autour de la question de la diversité créative et de  l’échange ?

Au départ de cette initiative il y  a une ambition forte des membres de notre bureau exécutif qui comprend les dirigeants de la RTBF, de France Télévisions, de l’ARD, de l’ORF, de la RAI, de la télé russe RTR, des radios suédoise et polonaise. C’est leur engagement qui a permis de créer l’effet d’entraînement  qui a très fortement contribué au succès de cette opération bien sur compliquée à organiser comme toute manifestation continentale.

Quel est votre regard sur la création française et sa logique économique qui marie le cinéma à la télévision par son système étroit de financement et de pré-achat ?

La création française est exceptionnellement développée grâce à ce système de financement et bien des pays rêveraient d’avoir une telle industrie. Peut-Être que la limite de cette force est qu’il lui arrive d’être insuffisamment tournée vers l’export tant son marché national autofinance les projets. À cet égard et à titre d’exemple, la vivacité de la création des pays nordiques peut être une source d’inspiration supplémentaire pour notre création. Il est toujours stimulant de décortiquer les meilleures pratiques créatives.

Quelles sont les grandes différences avec les autres grands pays européens ?

Vu de mon poste d’observation européen, ce qui me frappe le plus,  c’est le poids de France Télévisions dans la création, notamment dans la fiction qui est majeur. Mais aussi le rôle central d’un de nos membres privés, Canal +  qui est un pilier du cinéma français et européen. Les Français disposent d’un service public de qualité avec beaucoup de programmes remarquables, il existe bien sur des marges de progrès mais je trouve que les critiques dont est l’objet  le service public sont parfois excessives. C’est sans doute l’expression de l’esprit critique français. Les français devraient chérir et mieux défendre leur service public- auquel ils sont en fait très attachés- comme les allemands et les britanniques le font.

semaine eurovision cinema

France Télévisions connaît quelques remous. Les programmes de flux posent problèmes, alors que les téléfilms arrivent à garder la tête hors de l’eau. Quel est votre avis sur les problèmes que connaît le service public en France ?

Les téléfilms sont bien le cœur de la mission de France Télévisions. D’ailleurs, d’un point de vue macro-économique, avec une redevance à 131€ en France contre 175€ en Angleterre et 215€ en Allemagne, pour une part d’audience du service public d’environ 30% dans ces trois pays, France Télévisions est un  des services publics parmi les plus efficients. Pour le reste, l’époque est dans beaucoup de pays européens à la réduction des coûts et des effectifs avec très souvent des missions qui restent inchangées. Cela rend le travail des équipes de direction beaucoup plus compliquées. C’est le cas pour France Télévisions.

Yasmina Jaafar

©Europanova

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