LAURENCE LASCARY RECUE PAR FRANCOIS HOLLANDE : UNE AMBITION A TOUTE EPREUVE, UNE PRODUCTRICE DE DEFIS

Laurence Lascary vient d’être reçue par le président François Hollande dans le cadre d’une réflexion sur les banlieues. Cette jeune productrice est la fondatrice de DACP – De l’autre côté du périph. Sa société au nom bien trouvé et évocateur créait des programmes pour la télévision, le web et le cinéma. Le 20 juin 2013, Laurence Lascary sera à Aubervilliers pour la 3ème édition de la Journée des Jeunes Producteurs Indépendants (JJPI) qu’elle a décidé de mettre sur pieds en 2010. Une volonté forte de rassembler les différents acteurs de l’audiovisuel autour de deux journées de rencontres propices aux développements de projets. Une façon concrète de peser sur les décisions des décideurs. Un évènement professionnel à suivre de près.

Par Yasmina Jaafar / Photos : Patience Priso

Comment est né DACP ?

Au départ, je suis juste une jeune fille qui rêve de bosser dans les médias mais qui choisit finalement des études « conventionnelles » pour assurer son avenir ! Je passe un DUT techniques de commercialisation puis un mastère en science de gestion, tout en bossant chez France Télécom. Je poursuis à la Sorbonne et à l’INA un mastère en marketing et distribution dans l’industrie audiovisuelle. Mon premier (vrai) job, c’est à  Studio Canal où j’apprends la vente de films à l’international pendant 2 ans. La plus belle des opportunités a été d’aller à New York pendant 1 an, en 2007. Je travaillais pour Unifrance où j’organisais des déjeuners de presse et événements professionnels. Et le déclic est venu à ce moment : si, à New York, sans réseau, j’arrive à en construire un en moins de six mois, pourquoi ne le ferais-je pas dans mon pays ? Je suis rentrée et j’ai monté DACP en 2008. Mais si j’ai un message à passer, c’est qu’ici ou aux USA, c’est très difficile d’entreprendre. Il faut être déterminé et prendre des coups avec souplesses. Les barrières sont nombreuses. Il faut en être conscient.

Pourquoi ne pas avoir crée aux USA ? N’est ce pas plus facile de réussir là-bas dans un capitalisme assumé…?

Aux États-Unis, c’est vrai que tout parait plus simple… À New York les gens sont prêts à agir tout le temps, toutes les personnes que j’ai croisées avaient un projet. Si on veut réussir, on trouve les outils pour y arriver. Mais c’est dans mon pays que j’avais envie de créer et de faire évoluer les choses. DACP produit des programmes avec des populations sous-représentées à l’écran.

De l’autre côté du périph’ est née en 2008, sous un gouvernement de droite. Et vous venez d’être reçue par le Président François Hollande. Sentez-vous une différence d’attitude ou d’écoute selon le pouvoir en place ?

C’est une bonne question mais franchement : non ! Je ne vois aucune différence. J’ai eu des contacts de haut niveau sous les deux présidences. Ça n’est pas une performance en soi. En revanche si le Président suit une de mes recommandations, là on pourra parler d’écoute.

Avez-vous évoqué avec lui le renouvellement des élites …?

Oui et particulièrement dans le domaine culturel et artistique, où le talent peine à se renouveler à cause de ce satané élitisme français. Le mépris envers les nouvelles formes d’expressions et les talents « atypiques » est  bien réel. Je le constate quotidiennement.

Votre définition de la diversité ?

Il ne devrait pas y avoir de mot « diversité ». Ce terme implique que le pendant serait la normalité. Et c’est assez violent du coup. On est français seulement. En même temps, utiliser ce mot « diversité » c’est reconnaître une société plurielle. C’est un mot qui perd parfois son sens mais qui exprime des valeurs.

fede jp lascary

Quel est votre regard sur la représentation des minorités dans les médias et en politiques ?

Elles sont toujours sous-représentées… mais le point positif est que nous avons beaucoup de journalistes et animateurs de talents sur les antennes, ce qui prouve qu’il n’y pas de problème de casting. Si on veut plus de diversité sur les écrans c’est possible.

Que regardez-vous à la télévision ?

Je vais donner deux réponses : une qui fait bien « Ce soir où jamais » puis d’autres émissions de débats… et une pour le divertissement et la détente « Les enquêtes impossibles » sur NT1. (Rire) Les séries comptent aussi beaucoup, plus les américaines que les françaises.

Vos projets à venir ?

Je développe un projet qui me tient à cœur.  Il s’agit d’un récit adapté d' »Un tocard sur le toit du monde« . La vraie expérience de vie de Nadir, un type du 93. Il s’est mis en tête de grimper en montagne et pas n’importe laquelle puisqu’il monte l’Everest. Et pourtant, il est complètement novice. C’est ce qui est drôle et intéressant : il ose un truc impossible, mais il le fait ! Autre projet de taille, on vient de lancer « Sound System ». Le premier film français « en mode reggae ». Grâce au site touscoprod.com  les internautes peuvent produire avec nous cette comédie qui raconte l’aventure d’un couple d’artistes reggae qui décident de commettre un braquage.  

http://youtu.be/S9IHKtk187w

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