OLIVIER DELACROIX « DANS LES YEUX D’OLIVIER » : FRANCE 2 LUI RENOUVELLE SA CONFIANCE POUR UNE 4ème SAISON EN 2014 !

Olivier Delacroix est heureux. Le journaliste de terrain qui attire la confession avec simplicité propose cet été sur France 2, tous les jeudis à 22h15, des histoires troublantes. Le groupe France Télévisions renouvelle pour une troisième saison, puis une quatrième en 2014, sa confiance à ce baroudeur au grand cœur. Il semble être une valeur sûre avec laquelle il faut compter. La Ruche Média a rencontré Olivier Delacroix pour une interview sans langue de bois.

À l’heure où de nombreuses émissions s’arrêtent sur France Télévisions, « Dans les yeux d’Olivier » revient pour sa troisième saison. Alors Heureux ?

Hé bien, je peux vous répondre heureux puisque je peux vous annoncer que depuis cette semaine, je sais que nous reviendrons pour une quatrième saison. Alors, oui, très heureux même de voir que dans le contexte actuelle France 2 renouvelle sa confiance et soutient la marque. Je suis content, par ailleurs, que la chaîne souhaite capitaliser sur de nouveaux visages comme le mien qui émergent. C’est une volonté que je loue.

Quels sont vos thèmes de prédilection dans le cadre de cette émission ?

Il y a tellement de thèmes à aborder… Moi, je suis susceptible d’aborder tous les thèmes mais ceux que j’évoque me font écho et me touchent soit personnellement soit touchent mon entourage. On me dit souvent que mes sujets sont lourds, que je me sentirais plus à l’aise avec ces sujets là mais je crois qu’il y a beaucoup plus de matière à discuter autour de sujets forts. Les thèmes que je choisis sont donc dans cette vaine. La vie peut réserver des surprises bonnes comme mauvaises, des chemins tortueux qui obligent souvent à puiser en nous des énergies insoupçonnées. Je suis quelqu’un de gai mais j’aime évoquer des histoires qui parlent à tous. D’ailleurs, je préfère le mot épais à lourd.

DANS LES YEUX DOLIVIER

Demain soir, le magazine abordera ceux qui ont été « piégés sur les réseaux sociaux« . Comment vous sentez-vous après les tournages et après avoir écouté des témoignages « épais » ?

En fait, des liens se sont tissés de fait par le biais de longs échanges. Je pense à une jeune journaliste qui disait de moi de manière piquante que mes réflexions à la mords-moi-le-nœud… Je reste stupéfait par cette violence puisque mon objectif est de dire des choses simples sans la prétention de rentrer dans le psychodramatique. Des choses se dénouent durant ces entretiens. Les personnes n’ont pas eu forcément l’occasion de parler de leur souffrance et aussi longtemps. Être deux jours branché sur la même histoire ouvre d’autres perspectives et je suis surtout là pour les écouter et quand on écoute, on décèle des chemins que parfois eux n’avaient pas imaginé. Je les emmène vers une pente parfois glissante pour eux comme pour moi, ce qui explique qu’il est difficile de se quitter en fin de tournage.

Qu’est-ce qu’un thème léger pour vous ?

J’ai du mal à imaginer ce qu’est un sujet léger. Pour moi, il n’y a ni thèmes légers ni lourds. Il y a des thèmes. Prenons l’exemple d’un sujet sur le tatouage qui semble léger… Bien, on peut vite s’apercevoir que derrière des tatouages peut se cacher des blessures, des vies compliquées, une grande timidité. Alors, si vous me dites demain « êtes vous capable de faire un doc sur les cabanes à frites ? » je vous dirais « NON« . Mais si je dois faire un sujet léger, je vous dirais que je choisirais, comme ça sera le cas dans la prochaine saison, « Ces français du bout du monde ». Quelle histoire je vais découvrir derrière ces départs ? Il n’est pas certain que je ne découvre pas quelque chose de plus lourd malgré le soleil et les cocktails. La vie n’est pas facile, je ne vous dis pas que je ferai un sujet lourd de tout mais mon truc c’est plus d’accompagner des gens qui portent un parcours fort sans être triste obligatoirement.

Vous avez travaillé avec Christophe Dechavanne. On est loin de « Ciel mon mardi », d’où vous vient cette passion pour le documentaire intimiste ?

Ça s’est fait grâce à Bruno Gaston qui a mis en place la case « Nouveaux regards » sur France 4, il y a 5 ans. Il a demandé à John Paul Lepers et moi-même de réaliser des doc sur les gothiques ou les tatoués, en somme, ceux qui sont à la limite ou en marge. Puis pour la deuxième saison, je lui ai dit qu’on avait fait le tour du sujet même si j’étais ravi du travail accompli. Je voulais venir à des thèmes qui me concernait plus. Ç’a été une évolution naturelle. Je n’ai pas été inspiré par quoique ce soit auparavant. J’ai regardé « Echappée Belle » ou les « Nouveaux explorateurs« , mais mon inspiration ne vient pas de là.

Pour cette nouvelle saison, y aura-t-il des épisodes spéciaux avec des personnages marquant de la saison ?

Non, pas cette année. Malheureusement nous ne disposions pas d’assez de temps pour revenir sur certains témoignages et l’évolution des situations. Notre dynamique était donc surtout de trouver 4 à 5 histoires conséquentes pour tendre vers les 90 minutes. On tente chaque année d’apporter une différence dans la construction pour ne pas lasser.

La réalisation au cinéma vous tente ?

Oui, j’ai écrit un scénario qui s’appelle « Noir » qui est légèrement de mon histoire mais j’ai réalisé que mettre sur pieds un film, ça prenait 2 à 3 ans de votre vie. Pour l’instant, vu que je suis un homme un peu pressé, je ne suis pas certain que le temps long du cinéma soit quelque chose qui me corresponde. Il faudrait que j’ai un cadre et une vraie demande.

Et la musique dans tout ça ?

J’ai un album qui est prêt ! J’espère avoir le temps mais pour l’instant c’est tellement pas le cas. Mais j’espère vraiment…

Yasmina Jaafar

©Christophe Russeil/TFV

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