CAROLINE ITHURBIDE, UNE ANIMATRICE PLEINE DE SURPRISES

Caroline Ithurbide est animatrice et chroniqueuse pour la quotidienne de la mi-journée de D8 « Le Grand 8 » présentée par Laurence Ferrari. En cette presque fin de saison et avant un démarrage virulent du mercato TV, nous avons tenu à mieux connaître cette figure trop discrète et pourtant talentueuse de la 8ème chaîne.

Qu’est ce qui vous a donné envie de côtoyer l’univers audiovisuelle ?

D’aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours été fascinée par l’objet télé. J’ai grandi dans une famille de 4 enfants filles et des parents qui travaillaient beaucoup. La télé nous était interdite et bien évidemment, j’ai voulu contourner cette interdiction en me planquant pour la regarder. Ca devenait très attirant. Plus grande, on a eu le droit à des espèces de sessions de tv. Ils choisissaient pour nous ce qu’on pouvait ou pas regarder. Anne Saint Clair, Le Commandant Cousteau, Jean-Luc Delarue ou encore le JT de Claire Chazal. Je les regardais en me disant « J’adore cet objet, c’est génial de faire ça ! ».

Comment ça s’est traduit une fois plus âgée ?

J’ai développé, vers 18 ans, une vraie passion pour Jean Luc Delarue (rire) et j’ai voulu travailler pour Réservoir Prod. Cette production fabriquait des programmes qui reposaient sur le témoignage et j’ai tout de suite adhéré. Faire accoucher les autres de leurs souffrances, désirs, joies… Ecouter leurs histoires… Je savais que j’étais faite pour ça et j’aimais vraiment cette télé là. Mais à ce moment, je suivais un double cursus à Assas et à la Sorbonne. Puis un DESS spécialisé dans l’industrie de la mode et du luxe pour me diriger vers la presse écrite. Mais rien ne me déviait de mon objectif : Delarue !

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Qu’est ce qui s’est passé ?

Et bien, par chance, une amie me propose de l’accompagner sur le pilote d’une émission produite par Réservoir. J’ai foncé. Il s’agissait de Scrupule (présentée par Carole Rousseau ndlr). J’étais dans le public et sur ce programme, il devait réagir à un débat de société. Ce jour là, on évoquait les relations amoureuses entres des femmes plus âgées que leurs compagnons. J’ai réagi « Pour » et j’ai été repérée par la rédactrice en chef. Le rêve devenait réalité. J’ai un premier entretien alors que je suis depuis 3 ans dans la rédaction de Citizen. Je fais des essais que je réussis et pour la petite histoire… sur la promesse de la rédactrice chef, je pose ma démission illico. Seulement, je n’ai plus aucune nouvelle d’elle. J’avais démissionné pour rien…

Ces premiers pas dans cet univers impitoyable ne vous ont-ils pas échaudés ?

Non, par chance, le  patron de Citizen accepte de me reprendre et j’y retourne. Mais j’étais en larme. Il fallait que je fasse le deuil de Jean-Luc Delarue. J’ai entendu beaucoup de choses sur cet homme mais rien à faire, je tenais à travailler avec lui. Il avait beaucoup de talent. Il a longtemps été  un modèle pour moi.

Et l’aventure Direct 8 ?

Mr Vincent Bolloré a accepté de me laisser une chance. J’ai demandé une promesse d’embauche cette fois. Cette rencontre m’a permis de comprendre que je voulais être à l’antenne. J’ai donc pris les rênes du JT pendant 4 ans pour ensuite basculer vers des programmes différents jusqu’à « Bien être » qui me ressemblait plus. La dynamique de l’interview me plaît. J’aime « Les maternelles » ou « C’est au programme« . Ces émissions qui font accoucher les gens de ce qu’ils sont et aident ceux qui en ressentent le besoin. Les rencontres humaines qui s’en suivent sont inoubliables. Je me rappelle par exemple de Dominique Lapierre.

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Pourquoi « Bien être » n’a pas basculé sur D8 ?

Parce que D8 voulait que leur émission d’accueil soit « Le Grand 8« . Puis, il n’était pas envisageable de prendre trop de marques de Direct 8. Il fallait imposer une nouveauté. J’ai donc été une « sauvée » de la chaîne et j’occupe tous les jours une place chez Laurence Ferrari.

Pas trop compliqué de devenir chroniqueuse après avoir été chef d’orchestre ?

Je savais que je devais passer par là et être sur un programme phare de D8 allait continuer de m’apporter. C’est certain, j’ai des envies très fortes mais pas dans un besoin égotique. C’est un désir au regard de ce que j’ai fait et au regard de ce que j’ai envie de dire.

C’est-à-dire ?

J’aime les émissions quotidiennes de fond et de forme. C’est important quand on a un rendez-vous avec les gens. L’offre, même un peu sinistrée, de France Télévisions, c’est-à-dire : les idées conso, fraîches et d’interaction… me convient bien. Du côté de M6, la chaîne de ma génération, je vote pour « 100% Mag« .  Disons que je recherche l’humeur et l’humour.

Najat Vallaud-Belkacem se bat pour imposer plus de la visibilité des femmes à la télévision. Qu’en pensez-vous ?

Je trouve que c’est faux. Il y a beaucoup de femmes à l’antenne. Regardez les présences de Marie Drucker, Maïténa Biraben, Alessandra Subblet, qui a en plus révolutionné le genre, ou encore les 5 femmes du Grand 8. Mais il y a aussi des visages émergeants comme Enora Malagré, Daphnée Burki ou Caroline Roux… Voilà pour les connues, d’autres sur Itélé ou BFMTV arrivent ! Je suis donc surprise de ce débat pro-féministe. L’inégalité se retrouve plus au niveau des minorités. Où sont les asiatiques ? Où sont les noirs ? Où sont les arabes ?

Yasmina Jaafar

Photo : D8

 

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