NADEAH « WHILE THE HEART BEATS », L’EXPRESSION D’UNE ARTISTE DETERMINEE

Nadeah est engagée. Une australienne qui chante depuis l’âge de 8 ans et souhaite avant tout son indépendance. Être une artiste libre et entendue ! Son clip « Met A Man » dénonce l’imagerie sexy faussement provocante des divas R&B et elle fustige les réseaux sociaux qui nous obligent à répondre présent : Une addiction absurde.

Nadeah présentera son album « While the heart beats » le 14 mars au Café de la Danse.

ITW SELFIE :

Être artiste indépendante, comporte un prix. Quel est le vôtre ?

Oui, en effet et je le mesure tous les jours. Quand j’ai eu 20 ans, j’ai signé chez Universal et je me suis sentie comme une vache à lait faussement imprégnée. Je devais faire des tubes quoi qu’il arrive. Il fallait écrire 50 chansons pour en trouver une qui les satisfasse. Pour moi, c’était catastrophique.  C’est là que j’ai compris que je ne m’épanouirais pas dans ce système très marketé. Mettre du « jolie » partout alors que je fais du Rock… on ne pouvait pas se comprendre. Alors, oui, l’indépendance me donne une véritable liberté. Elle me coûte beaucoup mais… c’est un prix à payer. Parfois, les personnes avec lesquelles je travaille s’en vont…

Comme votre tourneur qui s’est sauvé parce que vous teniez à garder votre clip. Racontez-nous ?

Oui ! Il est parti ! Il me disait « Je reste que si tu ne sors pas ton clip. Les gens ne vont pas comprendre ton message. Il est trop hard ce clip ! ». Ben… on s’est séparé. Je suis têtue et j’ai dis gentiment « Non« . C’était une relation de 7 ans. J’avoue que ça n’a pas été simple. Mais s’il souhaite imposer ses vues, il est préférable qu’il travaille avec un artiste plus malléable que moi.

Donc difficile d’avoir du caractère et un tourneur ?

nadeah pochette

Bien… je n’ai pas commencé hier. Ca fait 20 ans que je chante et je n’attends pas de quelqu’un qu’il ait peur mais qu’il me suive. J’ai du caractère, c’est vrai, mais ça ne m’intéresse pas de rester dans un truc stagnant juste parce qu’il ne faut pas faire de vagues. Sur scène, chaque nuit, je rencontre un nouveau public et tout doit être vivant avec une mise en danger sinon autant regarder You tube.

Le clip de « Met A Man » vous représente belle, en bikini, danseuse et… très enceinte ! Est-ce cela qui choque votre ancien tourneur et d’autres ?

Oui. mais ce qui m’a vraiment étonnée, c’est que certains n’arrivent pas à regarder jusqu’au bout. Ils manquent de patience. En effet, il faut arriver à la minute passée pour voir mon ventre. Les gens pensent que je ma la joue « Rihanna soldate » car j’ai un bikini à l’effigie du drapeau US et que mon attitude est lascive…

Et ça n’était évidement pas le but… n’est-ce pas ?

nadeah rouge a levre

Mon but est de donner à penser par une critique à l’encontre de toutes ces divas de la pop ou du R&B qui se sentent obligées de se mettre quasi nues pour vendre et attirer l’œil. Alors, quand mon ventre se pointe au bout d’1 minute 30, ça désarçonne. On limite qui nous somme en tant que femme. En acceptant ça, on fait un bond en arrière. Dans les années 70, les femmes gagnaient des batailles. Elles ont installée de véritables libertés et dans cette imagerie ultra glamourisée, on fait du mal à ces combats passées. C’est un visage d’une sexualité superficielle et vaine.

Vous avez voulu jouer avec les codes ?

Oui, et j’ai vu les réactions des hommes face au clip. Ils n’apprécient que moyennement et je voulais interroger leur propre relation à ces fantasmes. Les femmes qui ont vu le projet en entier, aiment. Et ceux qui manquent de temps pour attendre la fin du film montrent autre chose sur notre époque : nous  n’accordons même pas 1 minute 30 pour aller au bout d’un propos.

Quels sont les autres thèmes de l’album ?

Je parle de l’addiction. A commencer par celle que nous entretenons tous avec à nous même, notre propre image étalée sur tous les réseaux sociaux. J’ai aussi voulu parler de  la perte de ma fille. Je crois que je peux partager mon expérience avec d’autres femmes qui ont eu un enfant mort-né. Avec le clip dont on parlait, elle existe. Ca n’était pas le message premier mais je refusais de supprimer ces images.  Je publie aussi un livre l’an prochain qui va s’intituler « Her name was India« , le clip avait donc son importance quant au livre. Je ne veux pas qu’on cache la réalité au profit d’une vie virtuelle et « facebookienne » où tout va bien… soit disant. J’ai voulu évoquer nos propres peurs et nos frustrations dans le titre « Run » ou encore « Ordinary Colours« . On ne s’écoute pas beaucoup et c’est dommage. La liberté a un prix mais c’est pas mal quand même.

Vous avez une idée du prochain album ?

J’ai quelques chansons déjà prêtes mais je voudrais une direction totalement symphonique avec un vrai orchestre. Mes albums sont assez différents les uns des autres. C’est l’avantage d’être indépendant.

Nadeah « WHILE THE HEART BEATS » sera au Café de la Danse le 14 mars 2015 : réserver ici

 

Yasmina Jaafar

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