MEHDI HARBAOUI : UN PRODUCTEUR QUI SAIT PARLER A LA JEUNESSE. #SALM EST NOTRE COUP DE COEUR DE LA SAISON !

Léa Salamé, Ali Baddou, Maïténa Biraben ou encore Yann Barthes font les heures chaudes d’un mercato vertigineux. Mais plutôt que de se vautrer dans un énième papier sur ces transferts, La Ruche Média.com a décidé de poser une loupe sur le producteur Méhdi Harbaoui ! La rédaction octroie le « 7 d’Or » au programme novateur de France 4 « Seuls à la maison » (#salm). Nous avons rencontré le créateur pour en savoir plus sur la fabrication de cette émission intelligente. Elle pousse les adultes à regarder entièrement leurs enfants.

SALM est emblématique du virage qu’opère France 4, une chaîne désormais dédiée à la jeunesse. Le pari, au vue des audiences positives, semble remporté.

Conversation :

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de « Seuls à la maison » ?

J’ai eu le déclic à la naissance de mon enfant. Cela a été un véritable chamboulement, j’ai donc voulu partager mes ressentis et cette expérience de parents avec le plus grand nombre. Restait à trouver le bon sujet. Je crois que nous avons beaucoup de choses à apprendre d’eux. Nous devons les écouter et leur faire confiance. L’éducation est un échange. Il y a eu plusieurs étapes, le programme a maturé et France 4 a été séduit.

Justement, France 4 cherche depuis quelques années à muter en direction des plus jeunes. Était-ce une évidence cette chaîne ou SALM pouvait exister ailleurs sans être noyé ?

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Si un programme est diffusable ici ou là… c’est mal parti. Ça veut dire que nous n’aurions pas saisi les problématiques de telle ou telle chaîne et nous aurions loupé notre cible. Il y a très peu d’émissions qui peuvent voyager d’une chaîne à l’autre. Celle-ci, en effet, aurait pu être adaptée sur 1 ou 2 chaînes mais l’écriture aurait été différente.

Votre production Med&Co a pour leitmotiv « Une télévision pour changer la vie des gens » avec des concepts en effet liés à la société, à la jeunesse et à l’éducation. Dans votre parcours, on trouve des programmes plus commerciaux comme « 12 cœurs » (NRJ12) ou « Premier amour » (TF1). Qu’est-ce qui explique ce changement de ligne ?

Med&Co est ma première expérience seul. Auparavant, j’évoluais en association ou dans un grand groupe. Il y avait des freins, des contraintes ou des limites à respecter. Et à l’aube de mes 40 ans, j’ai lancé cette société pour plus de liberté. C’est vertigineux d’être seul mais j’ai voulu me faire confiance et me challenger en faisant des programmes qui me tenaient à cœur depuis longtemps. Puis, je sentais que c’était le bon moment, avant c’était trop tôt ; après, l’énergie peut venir à manquer. C’est entre 39 et 45 ans, que nous pouvons opérer des virages dans la vie grâce à une meilleure connaissance de soi et du marché.

Et comment exister dans ce marché féroce de la télévision lorsque l’on est indépendant ?

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Oui, en effet, le marché est une jungle et on va de plus en plus vers la verticalité et le regroupement. Mais je pense que les diffuseurs auront toujours besoin de petits moyens indé. C’est aussi un gage d’implication et d’investissement plus une grande créativité. J’ai travaillé chez Lagardère ou Havas, il y a énormément d’avantages mais pas que… Mon état d’esprit est de voir le bon côté des choses et aller vers les opportunités et la liberté même si rien n’est évident. Je propose aux chaînes des formats originaux, que j’espère utiles et qui potentiellement peuvent changer la vie des gens.

C’est chez Havas que l’aventure de Med&Co a débuté…

Exactement ! J’avais la structure « Yes, we prod » mais qui ne représentait pas grand chose pour le Groupe alors que pour moi, c’était toute ma vie (rire). On s’est donc mis d’accord pour que je parte avec ce premier projet nommé « Permis de conduire » (France 4). C’est un super cadeau car j’ai pu démarrer tout de suite mon activité.

Un cadeau et une chance puisque le presse a plébiscité « Permis de conduire »…

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Je me suis dit qu’il fallait raconter une histoire avec Med&Co. Les acteurs du marché sont nombreux. C’est une galaxie complexe et très étendue. Pour exister, il fallait que je fasse quelque chose qui me ressemble pour être légitime, crédible et rassurant pour les diffuseurs. Le tout en m’amusant ! Basta les contraintes ! Je voulais de l’énergie et de la créativité.

Vous avez commencé sur Canal J et chroniqué ensuite pour « En juin, ça sera bien ». C’est delà que vient votre cohérence quant à la volonté de parler au public -de 18 ans ?

Quand, je regarde dans le retro, je m’aperçois que j’ai toujours eu ce désir de parler aux enfants. Peut-être que je n’ai pas envie de grandir (rire). J’ai commencé à la radio sur AdoFM, format jeune, puis la télévision avec « En juin… », puis « C’est toujours l’été » coordonnée par Rachel Kahn. Et enfin, le « Morning Live » avec Cyril Hanouna et quand je suis devenu producteur, j’ai été contacté par Lagardère International pour fabriquer une chaîne jeunesse pour le Qatar.

Que retenez-vous de cette expérience à l’étranger ?

« Sachez les occidentaux que si vous avez la montre, nous, nous avons le temps« . C’était ma première leçon. Il a fallu être patient. J’ai créé un jeu dont c’est inspiré Lagardère qui s’appelle « In The Boite« . J’ai du parler anglais, arabe classique, partir à la recherche d’animateurs dans tout le golf et le Maghreb, confectionner des décors… c’était un bel enjeu pour cette chaîne, belle pression aussi mais ma jeunesse m’a permis de ne pas me rendre compte de tout : j’ai foncé et appris. Puis à mon retour, j’ai continué à produire pour Lagardère/Gully des programmes jeunesses et chez Havas enfin « Permis de conduire« . Donc, au regarde cette expérience, je suis obligé d’admettre que les jeunes me tiennent à cœur.

Vous créez des formats inédits. Que pensez-vous de la crainte des diffuseurs ?

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Je comprends cette peur. Il y a beaucoup de chaînes qui ont peur, ne serait-ce, que de tousser. Quand on se prend 2, 3 ou 4 gadins, c’est humain de résister à la nouveauté. Chacun tient à garder son poste plutôt que de prendre des risques. Mais il y a aussi un reflexe français : étirer un succès au lieu d’en créer un autre à l’inverse des anglo-saxons. Les audiences font la loi. Toute cette logique de fabrication freine la créativité. Mais je suis ravi de voir que France 4 continue à prendre des risques. On pointe ce qui va mal, je préfère voir l’inverse.

Votre regard sur ce mercato inédit… et de toutes ces nouvelles directions dans l’ensemble  des chaînes…

Tous ces changements sont normaux. Il s’agit de cycle et ils sont bénéfiques. La difficulté est que nous changeons souvent d’interlocuteur. Nous devons donc tisser de nouveaux liens et comprendre les nouvelles feuilles de route. Nous les producteurs, nous devons absolument passer par ce terrain de l’échange pour créer une vraie relation de confiance. Ce temps prend le pas sur la fabrication, c’est dommageable.

Les réseaux sociaux font de nous tous des diffuseurs et des producteurs de contenus. Vous qui vous adressez aux jeunes, qu’avez-vous à en dire ?

La révolution numérique est passée par là. Les modes de consommations et l’acuité des jeunes de plus ne plus exigeants ont bouleversé le métier et l’industrie. Nous sommes obligés d’en prendre conscience et de nous adapter. Avec #SALM, on a pu prouver, au regard des courbes, qu’il était possible d’attiser leur curiosité. Ce qui montre que même dans des schémas classiques sans avoir développer une plateforme digitale, le succès peut être au rendez-vous.

Pouvons-nous imaginer une suite avec un RDV qui nous apprendrait ce que ces enfants sont devenus et ce qu’ils gardent de l’expérience ?

Nous avons rendez-vous en juin pour savoir quelle suite donner à #SALM, mais pourquoi pas…

Yasmina Jaafar


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