DONEL JACK’SMAN, LE NOUVEL ATOUT RIRE DE LAURENT RUQUIER, DEBARQUE LES SAMEDIS SUR LE PLATEAU D’ON N’EST PAS COUCHE

Donel Jack’sman est la nouvelle recrue de Monsieur Laurent Ruquier. L’humoriste sera présent samedi 7 septembre en lieu et place de Jonathan Lambert sur le plateau d’ »On n’est pas couché » sur France 2 à 23h. Donel Jack’sman évolue depuis longtemps dans l’univers du rire puisqu’il démarre en 2007 aux Cours Florent pour s’implanter ensuite dans la troupe « Juste pour rire ». Depuis, il enchaîne les succès. En juin dernier, il gagne le prime de l’émission produite par le couple Barma/Ruquier « On ne demande qu’à en rire ». Ce qui lui confère le droit d’officier tous les samedis sur le célèbre plateau. La Ruche Média a rencontré ce jeune artiste pour une conversation sans langue de bois.

Une place de choix pour un Gars qui le vaut bien.

Comment tout a commencé ?

Tout a commencé à la fac. Dans les options proposées, il y avait théâtre… J’ai d’abord cru que ça allait être un lieu où j’allais trouver des gens qui n’ont rien à faire de leur temps et qui vont jouer un mauvais Molière. J’y vais donc à reculons. Mais pas du tout ! Il s’avère que c’est une très bonne prof qui donne cours. A cette époque, je suis un petit mec de Villiers-le-Bel. Je ne connais pas très bien les Cours Florent mais elle me dit : « tu devrais tenter l’aventure des Cours Florent ». Je l’ai écouté. Xavier Florent, le fils du fondateur François Florent, me prend à part et me dit une chose que je n’oublierai jamais : « Donel, tu es bon mais nous ne sommes pas aux États-Unis ! Les gens, ici, ne t’appelleront pas. C’est triste à dire mais le système et les mentalités font que tu devrais être une force de proposition et ne surtout pas attendre près du téléphone. Écris tes propres pièces, investis-toi dans tes projets de sorte que les autres viennent à toi. Un comédien lambda attend déjà beaucoup alors toi tu vas attendre plus que les autres. »

Comment avez-vous réagi ?

J’étais plus naïf qu’aujourd’hui et je ne voyais pas la pertinence du propos. Je pensais que seuls le talent et le travail te permettaient d’éclore et bien… non. Je me suis mis à écrire mon premier spectacle « J’ raconte ma life ». Mon envie du stand-up s’est imposée comme une évidence.

Quels souvenirs gardez-vous de votre première tentative de la scène ?

J’ai joué devant toute ma classe et l’avantage c’est que tu as des réactions et critiques immédiates de la part de comédiens. J’ai corrigé le tir et j’ai remporté ce qu’ils appellent les « Césars du Florent : un Jacques d’Honneur ». De là tout s’est enchainé très rapidement. J’ai été repéré par deux producteurs et j’ai atterri dans la troupe « Juste pour rire« . Mais je me suis rendu compte qu’ils m’ont pris pour les mauvaises raisons : il leur fallait copier et contrer le « Jamel Comédy Club » et avoir leur noir de service malléable… Ils ont préféré miser sur Vérino – qui a beaucoup de talent par ailleurs – et m’ont gentiment lâché. Ensuite Kader Aoun m’a accompagné.

On a le sentiment que le stand up est utilisé pour tous et à toutes les sauces. Quelles sont pour vous les atouts de cet art ?

J’aime le stand up parce que c’est comme le foot, cet espèce d’art du pauvre. Tu n’as besoin de rien d’autre que toi, ni décor, ni artifices. Tu mises tout sur ton parcours… Tu es en prise direct avec le public. Tu te racontes, tu dois être vrai sinon c’est fake. Ça ne demande pas d’avoir de hautes références culturelles : tu es toi. Mais la force du stand up est son défaut. Par exemple, Thomas N’gijol qui est un très bon stand upeur, travaille beaucoup pour que ça paraisse simple. Du coup, les gens ne voient pas la réelle difficulté qui se cache derrière et se demandent où se trouve la force artistique ? « Mon beauf fait les mêmes blagues dans les diners de familles« … C’est le hic de cette méthode. A être trop bon, on semble fainéant, mais bien au contraire…

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Mais le stand up surtout est utiliser pour raconter son quotidien, sans prendre partie, alors que vos textes expriment des opinions tranchées et une sans langue de bois.

Le mot stand up a un peu perdu de sa substance. Jamel a débarqué avec ce terme et il l’a martelé à tel point qu’on ne sait plus ce que ça veut dire. Je crois aussi que si les gens ne sont pas toujours fan de ce style, c’est aussi parce que le mot est connoté banlieue. Si Pierre Palmade avait une petite troupe de petits blancs accrochée au stand up, cet art aurait une autre image… suis pas dupe. Pour beaucoup, c’est un truc de beur/black/banlieue mais quand tu recenses tous ceux qui sont dans le « Jamel Comédy », tu t’aperçois qu’ils habitent tous à Paris. On a voulu stigmatiser et étiqueter encore une fois pour rassurer. Le code « jean-basket » égal noir/arabe/banlieusard. Fabrice Eboué est un fils de gynéco par exemple mais ça on s’en moque.

Vous avez donc choisi votre camp…

Je préfère de loin le stand up parce que dans les sketchs avec personnages, tu peux maquiller les rires, attendre les applaudissements, mettre des noirs pour indiquer que c’est ici et maintenant qu’il faut réagir. Alors que dans le stand up, la sentence est immédiate. Il faut provoquer un rire toutes les 10 secondes. C’est une écriture très différente. Un travail de précision que le public connait bien : il sait quand tu as foiré ta vanne.

La presse te compare souvent à Eddy Murphy. C’est flatteur, mais comment devient-on soi ?

Oui, j’ai vu ça. Ça me flatte en effet, au plus haut point. C’est le Dieu vivant du stand up. Il a commencé à 15 ans. Sa carrière est impressionnante. C’est l’artiste le mieux payé des States et le noir le plus connu au monde. Alors oui, on me compare à lui parce qu’il faut toujours comparer et mettre des étiquettes mais allez y. Lui, je l’aime.

Comment as-tu vécu tes passages sur le plateau de « Ondar » sur France 2 ?

Il y a eu trois étapes importantes. Lors de mon premier passage, j’ai voulu taper un grand coup. Je savais que cette émission était un passage, une manière de me faire repérer mais surtout pas une fin en soi. J’ai donc décidé d’une chute un peu suicidaire pour mon premier sketch : je disais que s’il ne restait plus qu’une seule femme avec qui coucher sur la terre entre Jeanne Moreau ou Madame de Fontenay, je ne choisirais ni l’une ni l’autre mais que je ferais un mix des deux : Catherine Barma. Laurent Ruquier a pensé que j’étais fou « Toi, tu tapes sur la boss dès ton premier passage !« . Oui ! et ça m’a valu d’être repris sur internet. Même phénomène lorsque j’ai fini un jour en parlant de Zemmour. Catherine (Barma) a défendu son ami et n’a pas cautionné mes propos. Pareil, internet s’est fait le relais de ce petit clash. Et enfin lors du dernier prime de Ondar en juin. J’ai parodié Cyril Hanouna et son émission « Touche pas à mon poste« . Ce moment m’a fait gagné le prime et le droit de figurer au casting de la première émission le 7 septembre prochain d' »On n’est pas couché« .

Cette émission basée sur un casting d’humoriste, souvent décriée, serait donc une bonne école ?

Une vraie école ! Une formation intense avec beaucoup de travail. Il fallait fournir et être à la pointe en permanence. C’était pas toujours facile car Barma n’est pas fan du stand up mais j’ai tenté de marquer de mon empreinte en apportant une plus value. J’aime être moins con qu’au début lorsque je sors d’une expérience, alors j’ai pris l’angle de celui qui dit et dénonce les choses. Ça me ressemble et je conçois l’humour que si apprend des choses.

Donel affiche

Comment vous préparez-vous pour ce fameux 7 septembre ?

Je vois la prod de Barma et Laurent (Ruquier) dès la semaine prochaine et nous allons définir ensemble de la manière dont je vais intervenir. En sniper ou être là en permanence, je ne sais pas mais moi je préférerais venir et partir… avec un papier cocasse…

Le cinéma vous tente ?

Je ne pense pas au cinéma pour l’instant, j’aime beaucoup la scène et je veux en faire le plus possible. Si je viens au cinéma c’est parce qu’un scénar pertinent me plait. Une écriture loin des clichés et de la facilité. Mais pourquoi pas, je ne ferme pas la porte bien évidement.

Un petit mot pour Faudel ?

(Rire) J’ai toujours voulu qu’il soit sur les plateaux des prime de Ondar pour qu’on marque l’instant et surtout pour qu’il sache qu’il n’y a rien de personnel ou méchant dans ma façon de le vanner. C’est devenu une un gimmick qui me dépasse. Des personnes m’envoient même des photos d’eux avec un portrait de Faudel. C’est dommage qu’il n’ait pas accepté. Ça aurait été sympa. Mais sait-on jamais… Un jour… On pourrait être face à face sur un plateau. A suivre…

Un prochain spectacle à venir ?

J’écris et je modifie sans cesse mon spectacle actuel. J’ai rajouté « Toujours » au titre car c’est une continuité de ma vie. Une évolution que je partage avec le public et j’espère avoir plein de choses dingues à raconter l’an prochain.

Donel Jack’sman sera du mercredi au samedi au Point-Virgule dès le 18 septembre à 21h15. Et au Grand-Point à partir de janvier 2014.

Yasmina Jaafar

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