JACQUES PESSIS : « La chanson française a souvent été un sujet fort de conversations passionnantes et passionnées »

Jacques Pessis est un journaliste et scénariste amoureux fou de la chanson française. Après le livre « Piaf-Trenet : le dîner extraordinaire »  (éd. Don Quichotte, 2013),  il signe un nouveau spectacle inspiré de la vie d’Edith Piaf avec dans le rôle-titre Nathalie Lermitte « Piaf, Une vie en rose et noir ». Le Théâtre Daunou à Paris accueille un succès qui rappelle que le public reste plus que jamais fervent des parcours de vie de ces artistes complexes dotés d’un talent qui confine au génie. 

 

Le public semble assoiffé quant à connaître encore et toujours ce que recouvrent les destins de grandes icônes. Des vies pourtant 1000 fois racontées. Etes-vous surpris du succès ?

Je ne pouvais pas l’imaginer, pas plus que la durée de cette aventure. Avec Nathalie Lermitte et Aurélien Noël, nous avons créé ce spectacle musical pour un soir, le 14 décembre 2004, à l’Opéra de Massy. La rumeur est arrivée jusqu’à Paris où l’on nous a proposé trente représentations dans un théâtre. Et puis, nous avons continué… Sans le savoir, nous avons inventé un genre : la biographie musicale. Nous avons été les premiers à employer ce terme, repris depuis. Nous avons donné cette biographie musicale, en France, et dans beaucoup d’autres pays, parmi lesquels le Canada, la Grèce, la Russie, les Emirats, et la Chine, où l’on reprend en chœur, en français, « La vie en rose » et « Milord »

Pourquoi Piaf ?

Parce que 50 ans après sa disparition, elle demeure, dans le monde, un symbole de la chanson française traditionnelle et populaire. Parce que son destin est unique. Parce qu’elle demeure un exemple de talent, mais aussi d’énergie et d’amour de la vie, que nous nous devons de suivre. Parce qu’elle touche toutes les générations. Notre public a parfois plus de 77 ans, mais aussi parfois moins de 7 ans.

D’où vous vient cette passion pour la chanson française ?

Elle a toujours touché mon cœur.  Par ses paroles et ses mélodies. J’ai commencé par écrire des livres sur les grands cabarets, à commencer par le Moulin-Rouge, avant de produire et réaliser « Les lumières du music-hall » pour France 5. On m’a commandé dix émissions. Le succès a été tel que j’en ai signé 210. Elles sont aujourd’hui encore très demandées dans les écoles . J’ai enfin eu le privilège de faire partie, pendant 20 ans, du cercle très restreint des amis de Charles Trenet. La chanson française a souvent été un sujet fort de conversations passionnantes et passionnées. 

jacques pessis

Quel est votre artiste étranger préféré ?

Si l’on considère le Canada comme un pays étranger, Lynda Lemay. Sinon, je suis un fan des grands anciens, comme Bing Crosby, Dean Martin et Fred Astaire. J’aime aussi beaucoup Simon et Garfunkel.

Votre regard sur la nouvelle scène française ?

Il y a de très grands talents, mais ce ne sont pas forcément ceux que l’on voit à la télévision ou que l’on entend à la radio . Le monde du CD est en effet devenu un marché ou le marketing prime sur l’artistique . On ne parle plus d’un disque mais d’un produit, d’une interview téléphonique, mais d’un phoner… Trenet disait « comment peut-on être directeur et artistique ? ». Il avait raison. Hélas…

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Sur quel artiste portera votre prochain projet ?

Nous continuons Piaf jusqu’en 2015, date du centenaire de sa naissance, sous trois formes ; notre trio, des représentations  dans les églises (nous avons joué récemment à Nice) ou accompagnées par  les 50 musiciens de la Légion Etrangère, dont Piaf est la marraine. Nous tournons aussi avec un spectacle sur Jacques Brel, basé sur le même principe. Nous jouons aussi une biographie musicale de Charles Trenet « la vie qui va » avec l’orchestre de René Coll : 28 musiciens. Et je commence à travailler sur les biographies musicales d’autres artistes immortels

Yasmina Jaafar

 

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