« LE CHE A PARIS » : UNE EXPOSITION QUI DIVISE… ON Y EST ALLE.

Le CHE est à l’Hôtel de Ville. La Maire de Paris y tenait. Dénoncée, selon certains, comme une exposition-hommage à un « boucher tortionnaire », Dounia Tengour, membre du #ClubDeLaRucheMedia, chercheuse à la Sorbonne-Nouvelle et Hispaniste s’est rendue pour laruchemedia.com à cette exposition. Et si on en parlait avec calme… Verdict…

« Avec l’exposition Le Che à Paris, la capitale rend hommage à une figure de la révolution devenue une icône militante et romantique… »

C’est avec ce fameux tweet que la maire de Paris, Anne Hidalgo, a déclenché la polémique et s’est attirée les foudres d’un bon nombre de personnalités de la classe politique et d’intellectuels, qui avouons-le, se situe plutôt à droite, voire à l’extrême-droite.

Depuis le 20 décembre dernier, se tient à l’Hôtel de Ville, l’exposition « Le Che à Paris » célébrant le 50e anniversaire du révolutionnaire argentin, Ernesto Guevara. L’exposition s’ouvre sur un tableau de Jérôme Bosch, un peintre du XVIe siècle, «La Nef des Fous». On dit que Le Che avait l’habitude d’aller voir ce tableau au Louvre lorsqu’il se rendait à Paris. Suivent ensuite une série de photographies, articles de presse, dessins et coupures de journaux où le Che est représenté durant les différents moments de sa vie comme médecin, révolutionnaire, penseur politique et amoureux des arts.

 

Le Che, dont on connaît le parcours révolutionnaire, est présenté ici dans son quotidien. C’est une facette du personnage qui est moins connue. Peut-on vraiment parler d’un hommage appuyé ? Ses détracteurs le pensent et s’insurgent contre cette exposition qu’ils qualifient de « Pro-Che ». Nous sommes en 2018. Ernesto Guevara appartient désormais à l’Histoire. Il appartient à ceux qui vont se rendre à l’exposition de se faire une opinion sur le personnage et sur la révolution cubaine.

Le but de l’exposition est de faire connaître Che Guevara, surtout à un jeune public qui le connaît moins bien et qui ne voit en lui qu’une icône dont le portait s’étale sur les t-shirts.

C’est sans surprise que l’on retrouve à l’entrée du Salon des Tapisseries, aux côtés du peintre néerlandais, le portrait du Guerillero Heroico immortalisé par le photographe Alberto Korda durant l’année 1960. C’est ce portrait que les étudiants ont brandi dans les rues de Paris en mai 68. Beaucoup ne connaissent de lui que ce portrait.

Adulé par certains, haï par d’autres, Che Guevara est un homme qui, au même titre que Fidel Castro, a marqué l’Histoire du XXe siècle.

« Romantique », une expression maladroite

Le Che est-il une icône romantique ? En tout cas, c’est un personnage sombre et romanesque au destin tragique (assassiné en 1967 par l’armée bolivienne).

Les grandes révolutions s’accompagnent toujours de larmes et de sang. La révolution cubaine n’échappe pas à la règle. Che Guevara a été ministre de Fidel Castro. Il aurait pu se contenter de ce poste confortable avec les honneurs et les prérogatives qui s’y rattachent. Au lieu de cela, il a préféré poursuivre la lutte révolutionnaire dans les autres pays d’Amérique Latine.

Les hommes de cette trempe sont rares. Rappelons quand même que la révolution cubaine a mis fin à la dictature de Batista, un personnage peu recommandable.

L’exposition laisse pourtant un goût d’inachevé. En effet, elle est présentée comme en lien avec Paris. Pourtant, les clichés du Che dans la ville qu’il considérait comme « une nécessité biologique » sont peu nombreux. Une partie de l’exposition tourne autour de la création artistique contemporaine avec des réinterprétations picturales de « La Nef des Fous » mais aussi des dessins à l’humour caustique de l’artiste argentin Napo qui mettent en lumière les dérives de la conquête espagnole en Amérique latine.

Informations pratiques :

À l’Hôtel de Ville de Paris

Jusqu’au 20 février 2018

Entrée libre

 

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